18/09/2007

Licenciements abusifs à la Stib



(14/09/2007)

C4 pour des chauffeurs accidentés. Deux plaintes déposées. Un député PS interpelle le gouvernement bruxellois. La société de transport se dit dans son droit

BRUXELLES "Un camion de plein fouet. J'ai eu une commotion cérébrale. J'ai alors demandé à travailler de façon adaptée, car je ne sais pas rester inactif. Ce que j'obtiens en tant que garde-barrière et accompagnateur de tram puis accompagnateur de bus. Puis comme agent de support, fonction qui était adaptée enfin à mes séquelles. J'ai finalement été licencié pour inaptitude définitive à la fonction de chauffeur de bus."

Ce témoignage n'est pas le seul du genre et servira de base à une interpellation au Parlement bruxellois dès la rentrée. "Selon un arrêté royal de 2003, une entreprise comme la Stib est tenue de trouver une place de reclassement pour les personnes qui ont subi un accident du travail, lance Rachid Madrane (PS), son auteur. Cette pratique est injuste vis-à-vis de ces travailleurs qui ont pris des risques pour la société et ses voyageurs."

Injuste et illégale. C'est aussi l'avis d'Alessandro Grumelli, avocat qui défendra la cause de deux travailleurs de la Stib devant le tribunal du travail. "Ce qui est saisissant dans les trois cas que je connais, explique-t-il, c'est que le licenciement intervient chaque fois après que le chauffeur a été déclaré inapte définitivement à la conduite. Cette décision du médecin du travail est toujours prise après une période d'incapacité temporaire durant laquelle ces travailleurs sont effectivement reclassés. La Stib peut donc difficilement dire qu'elle ne dispose plus de poste de reclassement pour ces personnes."

"En 2006, 31 personnes en incapacité définitive de conduire ont été reclassées et trois licenciements ont été enregistrés", indique Philippe Lenaerts, directeur des ressources humaines. "Nous sommes parfaitement en droit de licencier mais nous essayons de reclasser un maximum, la priorité est donnée en fonction de l'ancienneté, selon la convention collective." Une convention en contradiction avec la loi, estime Rachid Madrane qui craint en outre que ces licenciements ne poussent des travailleurs fragiles à accepter de reprendre le volant. "Ce qui, in fine, pourrait représenter un danger pour la sécurité des voyageurs", conclut-il.



00:46 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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