18/09/2007

Des licenciements en pagaille

Communautaire. La politique des grandes villes sur le point de mourir ? Les premiers préavis tombent, faute de subsides. Six mois de sursis ?

 

Trente-quatre emplois publics seront probablement perdus aujourd'hui à Schaerbeek. Le collège de cette commune, par mesure conservatoire, va décider aujourd'hui de ne pas prolonger les contrats triennaux « politique des grandes villes » (2005-2007) au-delà du 1er janvier 2008.

Schaerbeek n'est pas la seule commune à agir de la sorte puisque Molenbeek l'a précédée de peu. En fait c'est tout un pan de la politique des grandes villes, mise en place par Charles Picqué lorsqu'il était au gouvernement fédéral, qui part en quenouille.

 Qui est menacé ? Les stewards, les gardiens de parcs, les agents de prévention. Pas tous (tout dépend du mode de subvention). Plusieurs centaines d'emplois à Bruxelles. Certaines communes ont largement profité de cette aide fédérale : Saint-Josse (4,5 millions) Schaerbeek (14 millions d'euros), Saint-Gilles (3,6 millions d'euros), Molenbeek (8,5 millions d'euros), Bruxelles (8 millions d'euros) et Forest (1 million), notamment.

 Ce financement ne touche pas que Bruxelles. De grandes villes comme Gand, Anvers, Charleroi ou La Louvière sont aussi concernées. Le problème dépasse donc le champ communautaire. Le CD&V semble cependant vouloir faire l'impasse : apparemment la manne profite plus au Sud qu'au Nord. En outre, dans le cadre des négociations « Orange-bleue », ces subsides devraient être sacrifiés. Quant au gouvernement actuel, en affaires courantes, il ne peut prendre de décisions à terme. Christian Dupont (PS) espère pouvoir prolonger de six mois les subsides. Sans certitude. D'ici là, les communes sont devant un dilemme. La saine logique budgétaire les pousse à anticiper les licenciements, en fonction des préavis à prester. Tout en sachant qu'à terme, elles demanderont à la police de suppléer, ce qui posera de nouveaux problèmes.

Politique au quotidien

La politique des grandes villes se mesure au quotidien. A Saint-Josse, le contrat PGV (politique des grandes villes) a permis la rénovation d'une maison communautaire, une infrastructure sportive de proximité, des stewards, des gardiens de parc et des politiques culturelles visant l'égalité des chances. Sans oublier le projet de rénovation des ateliers Mommen. En emplois, cela signifie dix-sept personnes. Et ce qui est vrai pour Saint-Josse l'est aussi pour d'autres. A Saint-Gilles, ce sont 31 emplois qui sont menacés A noter que, pour les communes bruxelloises, les subsides accordés dans le cadre de la politique aux sommets européens pourraient aussi être supprimés.

Christian Dupont évalue l'enjeu national à 1.000 emplois. Jusqu'à présent, les réactions des communes sont individuelles : mesures conservatoires à Schaerbeek ou Molenbeek. Ailleurs, on attend encore. Que va-t-il se passer ? Eric Massin, échevin carolo, organise des rencontres communes. Une nouvelle réunion se tient aujourd'hui même à Forest. A Schaerbeek, Laurette Onkelinx (PS) a fait passer la semaine passée une motion (avec l'accord du MR) demandant aux autorités fédérales compétentes de prendre leurs responsabilités.

Charles Picqué, initiateur de cette politique des grandes villes lorsqu'il était ministre au fédéral, n'est pas indifférent. Pas question que la Région pallie la faiblesse financière fédérale à moins d'une redistribution des compétences. «  L'attitude fédérale actuelle est significative du repli sur soi des deux communautés. Les mesures conservatoires des communes sont logiques. Mais je n'ai pas l'intention de laisser cet héritage dilapidé sur l'autel des querelles communautaires. »

 

09:52 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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