26/03/2007

Les guignols

17:30 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Inflation

Inflation, argent, voilà des termes qui paraissent bien familiers à chacun d'entre nous, et pourtant, qu'en savons nous vraiment? De la première, on en entend souvent parler dans les médias (sans forcément comprendre exactement à quoi elle correspond), quant au second, son usage quotidien nous en fait ignorer l'essentiel: qui le crée, et selon quels principes et quelles règles?> Les systèmes monétaires actuels fonctionnent sur des principes bien différents de nos représentations, issues du passé. Qui sait ainsi que désormais, l'argent est créé à partir de rien (les spécialistes disent ex nihilo), et sans contrepartie métallique? Eh oui, "l'argent" moderne (la monnaie) n'est plus convertible en or depuis plus de trente ans!> Nous en sommes encore à penser que l'argent doit être "gagné" et épargné avant d'être dépensé ou prêté! Pourtant, qui sait que l'essentiel de ce nouvel argent, de cette nouvelle monnaie est créé par les crédits accordés par les banques (selon leur bon vouloir) qui elles-mêmes se fournissent "au prix de gros" auprès des Banques Centrales (européenne, la BCE, pour les euros, ou américaine, la FED, pour les dollars)?> Qui sait qu'en agissant sur les taux d'intérêt "dits de refinancement", un groupe d'hommes (les "gouverneurs") non élus, n'ayant à se justifier vis-à-vis de personne dans le cas de la BCE (puisque celle-ci est déclarée totalement indépendante dans ses choix de politique monétaire), et décidant à huis clos et sans aucune trace écrite des débats et des prises de position internes, influent sur le prix de gros de cet argent frais? Ils sont ainsi en mesure de "piloter l'économie par le haut", véritables chefs d'orchestre moderne de l'activité économique des peuples...> Bien peu de gens savent quel lien l'économie moderne établit entre chômage et inflation au travers de l'usage du "NAIRU" (voir à ce sujet "NAIRU, le Nom de la Ruse. La face cachée du chômage", le blog et le site). Mais une chose est sûre, l'inflation constitue depuis plus de trente ans l'OBSESSION ABSOLUE des économistes modernes... Bien avant le chômage!> Alors, POURQUOI?> En réalité cette obsession de la lutte contre l'inflation a été impulsée à la fin des années 60 par un courant d'économistes libéraux, les monétaristes, et notamment Milton Friedman et ses "Chicago Boys" comme on les a appelés.> Pour Friedman, l'inflation, c'est-à-dire la HAUSSE DU NIVEAU GENERAL DES PRIX DANS UNE ECONOMIE (définition essentielle, on y reviendra) est, pour reprendre sa célèbre formulation, "de tous temps et en tous lieux de nature monétaire et dûe à un excès de monnaie". Trop de monnaie chassant trop peu de biens à échanger entraîne fatalement une hausse générale des prix. Pour reprendre une de ses célèbres images, si un hélicoptère déverse 50% d'argent en plus sur la société (une pluie de billets), les gens n'en seront pas plus riches pour autant et l'activité économique n'en sera pas forcément stimulée (si ce n'est temporairement et dans l'euphorie générale, par un effet psychologique de richesse). En revanche, à plus ou moins long terme, le niveau général des prix se sera élevé de 50% (il y aura eu 50% d'inflation). Dit autrement, si tout le monde gagnait le salaire d'un patron du CAC 40, la baguette de pain coûterait 1000 euros! La richesse apparente serait très relative. Car ceci est un fait absolu à méditer pour bien comprendre le sens de la thèse developpée sur ce site: la richesse n'est QUE relative...> Friedman attribue aux Etats et aux gouvernements (issus du vote démocratique...) la responsabilité historique de l'inflation: tant que ceux-ci auront le pouvoir de contrôler la monnaie (le fameux privilège de "battre monnaie"), ils le feront pour financer leur "déficit", c'est-à-dire payer les coûts de leurs politique. Que ce déficit provienne de dépenses somptuaires de l'Etat (luxe du pouvoir, gaspillages) ou de dépenses utiles pour la société (infrastuctures sociales ou d'équipement, lutte contre le chômage ou ses effets sociaux), tout cela est mis dans le même sac: cela va générer de l'inflation!> Or, il est un fait certain: l'inflation est plus un problème pour ceux qui possèdent beaucoup d'argent (les détenteurs de capitaux) que pour ceux qui n'en ont pas ou peu. Et il est aussi plus un problème pour ceux qui prêtent que pour ceux qui empruntent... L'inflation, c'est l'euthanasie des rentiers, comme avait dit Keynes. En grignotant la valeur de l'argent, l'inflation est perçue par les rentiers comme une taxe sur la fortune. C'est comme s'ils possédaient alors une monnaie fondante, fondant d'autant plus que l'inflation est forte...> Le nouvel ordre monétaire et financier mis en place ces dernières décennies au niveau international est conçu précisément pour ne plus être l'euthanasie des rentiers. Bien au contraire... Par l'usage du NAIRU, ce taux de chômage minimal nécessaire pour stabiliser l'inflation à un niveau bas, l'euthanasie a bien changé de camp: elle concerne désormais ceux qui n'ont plus que leur travail pour obtenir un revenu, et les chômeurs et précaires sont les moyens de pression et de Peur pour y parvenir (voir le blog et le site NAIRU, Le Nom de la Ruse)> Ce nouvel ordre monétaire et financier a été mis en place en suivant les préceptes de Friedman et de ses accolytes. Sans doute devrais-je dire que ces préceptes ont servi de caution pseudo-scientifique à ce qui s'apparente à un coup d'état silencieux sur la Monnaie...> Le principe "d'indépendance totale" de la Banque Centrale, gardienne absolue et toute puissante de la Monnaie, a été ainsi retenu. En Europe, nous avons à l'heure actuelle la Banque Centrale la plus indépendante du monde, puisqu'elle n'a de compte a rendre à personne comme précisé plus haut. Ce principe a permis de retirer des mains de nos gouvernants tout le pouvoir (immense dans des sociétés dominées par "l'économique") associé au contrôle de la monnaie. Ainsi est retiré toute possibilité de céder à la pression populaire lorsque celle-ci s'exprime dans les urnes ou dans la rue, parce que les conditions de travail se dégraderaient ou que le chômage augmenterait par exemple. Le contrôle du pouvoir a subrepticement changé de mains, nos gouvernants ne sont plus là que pour faire de la "pédagogie" à destination de la foule votante (car la foule vote encore, même s'il faut le reconnaître: la foule vote mal -par exemple le 29 MAI- ce qui n'est pas bon pour le climat des affaires): expliquer pourquoi "ce n'est pas possible"... Ce qui est un travail à temps plein, lui!> Bien sûr, si on confie le contrôle de la monnaie à une Banque Centrale Indépendante, c'est en affichant bien haut deux principes Friedmaniens, présentés comme fondateurs et légitimateurs de cette décision:1- priorité absolue à la "lutte contre l'inflation" et à la "stabilité des prix"2 - contrôle strict de la "masse monétaire", c'est-à-dire de la quantité d'argent que cette Banque Centrale va mettre en circulation dans l'économie.C'est qu'il s'agit de faire bien mieux que ces fichus gouvernants si sensibles aux grognements de leurs peuples à chaque réélection!Elémentaire, mon cher Watson?> OUI MAIS, QUAND ON Y REGARDE A DEUX FOIS...... ON Y DECOUVRE UNE REALITE BIEN DIFFERENTE.>>>Sur le premier point: Lutte contre l'inflation? Oui mais laquelle?> Vous êtes vous déjà intéressé à savoir comment la Banque centrale ou nos gouvernements interprétaient "l'inflation" et la mesuraient?> Si l'inflation se définit normalement comme une hausse durable du niveau général de tous les prix (c'est-à-dire des prix de tout ce qui s'échange -s'achète et se vend- dans une économie), dans les faits, les chiffres d'inflation communiqués en boucle dans les médias correspondent en fait à la "hausse des prix à la consommation". C'est ainsi que TOUS les prix de TOUS les produits échangés ne sont pas pris en compte. Sont ainsi soigneusement exclus des calculs les prix de ce l'on appelle fort à propos "l'investissement".> Refléchissez y bien: un bien de consommation, par définition, perd de sa valeur avec le temps (vous le revendrez sans doute moins cher dans un an qu'au moment de son achat), alors qu'un investissement est par définition (ou par convention?) supposé correspondre à l'inverse. Mais pourquoi cela? Je répondrai par une boutade: parce que pour que certains soient riches, ils est indispensable que d'autres soient moins riches, voire plus pauvres (n'oubliez pas: par définition, la richesse est RELATIVE). Ceux qui vont investir seront (dans un système qui n'euthanasie plus les rentiers) plus riches que ceux qui ne font que consommer! Ce qu'il fallait démontrer.> Vous ne comprenez pas pourquoi les prix de l'immobilier flambent et que l'inflation officielle ne dépasse pas les fameux 2 %? Ne cherchez pas plus loin: le prix d'achat des logements (neufs ou anciens) n'est pas pris en compte dans l'inflation! Normal, répondent les économistes, on considère que c'est de l'investissement! Or 55% des français sont "propriétaires" de leur logement (en fait, souvent locataires de leur banquier qui leur a prêté l'argent!). Du coup, et en douce, la part "Logement, eau, gaz, électricité" est réduite à la portion congrue dans le calcul de cette pseudo inflation. VOUS VOULEZ SAVOIR A QUELLE HAUTEUR ELLE EST PRISE EN COMPTE? ALLEZ ICI, sur le site de l'INSEE, et vous verrez sur le camembert (descendez sur la page) la réponse, en vert.> Eh oui, s'il vous arrivait de dépenser pour votre logement, votre eau, votre gaz et votre électricité, tout cela réuni, plus de 13,4% de vos dépenses totales, alors... vous devriez commencer à écouter d'une oreille critique les chiffres d'inflation donnés au JT de 20 heures. Et surtout ne pas tirer de conclusions trop définitives quant à l'ampleur de votre dernière augmentation!> Dans le numéro 2879 de Juillet 2005 de la très sérieuse revue Problèmes économiques, un article publié à l'origine dans The Economist s'intitulait sobrement "La mesure de l'inflation reste controversée". Controversée est un faible mot! On y apprenait qu'une étude avait été réalisée aux Etats-Unis par un économiste de la banque HSBC, en affectant à l'immobilier une pondération de 30% de l'indice global des prix à la consommation (à comparer avec nos maigres 13,4 %). Résultat, l'inflation sautait à plus de 5,5% par an, soit plus de... deux fois le niveau d'inflation officiel à destination des foules. Soit une très légère différence! Bien entendu, je laisse imaginer ce que serait le chiffre de l'inflation si l'on y intégrait en outre le prix de tous les actifs fianciers, en particulier celui des actions et des produits de la sphère financière...> Car cette interprétation restrictive de l'Inflation (avec un grand I), qui exclut tout ce qui est investissements (ou supposés tels), n'est pas sans conséquences. Exclure les prix de l'immobilier, mais aussi TOUS LES PRIX DES ACTIFS FINANCIERS (actions, placements divers, produits financiers, et...) dans une période où la sphère financière est devenue dominante n'est pas une paille: c'est une poutre! Et manifestement une poutre porteuse du capitalisme financier actuel...> Ce que rappelle par ailleurs l'article de Problèmes économiques cité ci-dessus:"L'idée que les Banques Centrales devraient suivre l'évolution du prix des actifs ne date pas d'aujourd'hui. Dans un ouvrage intitulé "Le pouvoir d'achat de la monnaie", l'économiste américain Irving Fischer faisait valoir en... 1911 que les responsables de la politique monétaire devraient arrêter un indice des prix basé sur un large panier de biens et services qui comprendraient également les valeurs financières et les biens immobiliers".Ainsi, 95 ans après 1911, on ressort timidement la question pour ne surtout, surtout pas l'aborder, car d'une telle supposition, le capitalisme moderne n'en veut toujours pas, pas plus qu'il y a près d'un siècle. La soit-disant lutte contre l'inflation biaisée par la mesure actuelle (délibérée) est une véritable ESCROQUERIE qui n'ose dire son nom.Comme le précise ensuite l'article, l'idée d'établir un tel indice des prix supposerait implicitement de la part d'une Banque Centrale (réellement indépendante, y compris des marchés financiers et des milieux "investisseurs") que la hausse des prix de ces actifs, en créant de l'inflation, pourrait être "préjudiciable". Or, cette inflation là ne semble pas trop déranger certains, même ceux qui s'auto-proclament indépendants des marchés financiers. Mais le sont-ils vraiment, culturellement et personnellement? La supposée indépendance des cabinets d'audits financiers, comme Arthur Andersen, n'a pas résisté longtemps aux copinages et aux intérêts croisés, entre autres dans l'affaire ENRON... Le capitalisme des copains?> Oui, mais NON. Car il y a inflation et inflation, mon cher Monsieur. Que l'immobilier grimpe au ciel ou que Jean -Pierre Gaillard s'étrangle de joie parce que le CAC 40 a grimpé de 25% en 2005, ceci n'est pas de l'inflation! Enfin, pas de la mauvaise, non celle-là, c'est de la bonne, mon Bon Monsieur. Celle qui n'euthanasie pas les rentiers quoi, et pour cause: celle là crée de la rente! La mauvaise, c'est celle que voit le bas peuple, qui le fait grogner et réclamer des hausses de salaires pour maintenir son pouvoir d'achat. Celle-là est mauvaise, on vous dit. N'insistez pas, c'est ainsi, et ça se comprend bien finalement...>>>Sur le second point: Contrôle de la masse monétaire: ne pas mettre trop d'argent dans l'économie, car en tous temps et en tous lieux, l'inflation est d'origine monétaire. Ah oui?> Il est décidément des choses bien étranges dans des domaines aussi rigoureux et supposés aussi scientifiques que les politiques économiques et monétaires. Prenons l'exemple de la BCE. Lancée officiellement en 1998, elle s'était fixée comme objectif (outre la maîtrise de l'inflation sous 2%, dans les conditions de mesure que l'on sait) une évolution programmée et fixe de la masse monétaire, c'est-à-dire de la quantité d'argent en circulation en zone euro, conformément aux préceptes de Milton Friedman: faire croître la masse monétaire d'une valeur constante et prévisible, égale à l'inflation visée additionnée de la croissance visée. Ainsi fut défini l'objectif de faire croître cette masse monétaire (appelée M3) d'environ 4,5% par an (2% d'inflation + 2% de croissance + 0,5% terme correctif).> En 2005, il m'a pris d'aller jeter un oeil (certes, il faut le vouloir, car tout ceci n'est ni très médiatisé ni très compréhensible au premier abord, il est vrai) sur les données en la matière. Et OH SURPRISE, devinez ce que l'on découvre:en 2005, la masse monétaire a grossi en Europe de près de 8%. Cas isolé me direz vous? Que nenni. Car depuis son lancement, jamais une année, je dis bien JAMAIS UNE ANNEE, la BCE n'a tenu son objectif de 4,5%! Toujours au dessus, et pas qu'un peu. Résultat: par rapport à la progression théorique visée en 1998, ce sont environ 20% d'euros "en trop" qui ont été créés et mis en circulation, soit près de 1000 milliards d'euros sur une mase monétaire totale d'environ 6000 milliards.La encore, une paille en forme de poutre! Regardez les belles courbes que cela nous fait (tirées d'un document BNP Paribas Resarch): celle de l'écart par rapport à l'objectif de 4,5%, et celle de l'écart cumulé depuis 98 (l'écart par rapport à l'objectif est appelé money gap).> Mais me direz vous, puisque depuis que vous avez lu Friedman et adopté sa belle théorie, si de tous temps et en tous lieux, l'inflation est dû à trop de monnaie, alors de deux choses l'une: soit on a eu une croissance plus forte que les 2% prévus, soit on a eu une terrible inflation tueuse de rentiers au delà des 2% visés...> Perdu, et re-perdu. En moyenne 2% de croissance environ, et une "inflation" inférieure à 2%. Alors la question à 1000 milliards d'euros est: mais où est donc passé cet argent?> Allez je vous aide: rappelez vous: la manière dont les gouvernements et les Banques Centrales calculent l'inflation exclut bizarrement... le prix des actifs immobiliers ainsi que celui des actifs financiers. Bizarre? Vous avez dit bizarre?> Quant on écoute un peu les milieux financiers, ou qu'on lit les ouvrages de certains experts, il semblerait que la réponse soit limpide. Oui, c'est vrai, la planète (car il n'y a pas que l'Europe, ce fut la même histoire aux Etats-Unis, et dans le monde entier) croulerait sous l'excès de liquidités... c'est-à-dire d'argent! Au point ne plus savoir qu'en faire! Au niveau mondial, la base monétaire (c'est-à-dire la monnaie émise par les Banques Centrales) augmente à un rythme de... 20% par an! En clair, et ceci fera sans doute faire un salto arrière de surprise à tout habitué du JT de 20 heures ayant bien intégré le "ça va mal, on est presque en faillite, y'a plus assez d'argent, la France vit au dessus de ses moyens": de l'argent, y'en a, et même y'en a trop, à tel point qu'il ne sait même plus où s'investir, le pauvre (bien que son terrain de jeu soit mondial désormais, par la libre circulation des capitaux).> Etonnant, non? Au point que certains spécialistes issus du sérail (des banquiers, comme Jean Peyrelevade, ancien président (et redresseur) du Crédit Lyonnais, ou Patrick Artus, économiste en chef de la CDC Ixis) commencent eux mêmes à s'en émouvoir et à tirer la sonette d'alarme. Artus parle même de "capitalisme sans projet", car les bénéfices des grands groupes s'accumulent et ne s'investissent plus... si ce n'est pour racheter pour des sommes considérables leurs propres actions (afin de maintenir artificiellement la rentabilité du dividende pour l'actionnaire). Les grands groupes ne savent plus quoi faire de leurs montagnes d'argent accumulées! Et comme le précise Artus dans son récent livre Le capitalisme est en train de s'autodétruire, cette situation est largement dûe aux Banques centrales, dont la complicité, pour reprendre le terme employé par l'auteur, est patente pour avoir favorisé la création d'argent facile à l'origine des bulles boursières et immobilières.> Car ne croyez pas que la BCE fasse cavalier seul dans cet étrange paradoxe. Depuis 10 ans, son homologue américaine, la Fed, a juste contribué à doubler la quantité de dollars en circulation dans le monde (soit une hausse moyenne de... 8% par an comme par hasard). Comme le mécanisme n'est pas prêt de s'arrêter, la Fed a trouvé un moyen radical pour qu'on ne vienne plus la titiller sur ce sujet un peu paradoxal: NEW! à partir du 23 Mars 2006, elle ne publiera plus les chiffres de la masse monétaire M3! Décision surprenante, annoncée de manière laconique et sans véritable justification... si ce n'est le fait de ne plus montrer ce qui fait tâche: l'augmentation incroyable de la quantité de monnaie créée ces dernières années. Pour information, un petit peu gênée aux entournures sans doute, la BCE avait elle annoncé en 2003 que l'objectif de maîtrise de M3 ne serait plus considéré comme un des piliers de la politique monétaire européenne! Seule reste donc la maîtrise du hochet pour les foules: la fameuse et soi-disant "inflation" (en fait expurgée de ce qui fait tâche la encore: le prix des actifs financiers et immobiliers comme expliqué ci-dessus). Se soyez pas surpris si un de ces jours, M3 disparaît aussi des tableaux de la BCE...> Alors voilà qui est bien singulier tout de même et nous ramène au début de l'histoire et à Friedman. Pour éviter que l'Etat ne fasse tourner la planche à billet, certains ont réussi à partir de la fin des années 60, mais surtout au cours des décennies suivantes, à retirer la fameuse planche des mains des représentants du peuple pour la mettre dans des mains plus sûres... pour eux. Et voilà que sitôt fait, la planche à billet se remet à tourner de plus belle! Contradiction? Oui, au minimum, mais je dirais bien plus: ESCROQUERIE!> Car à qui profite cet argent tout frais dont l'encre (même virtuelle) n'est pas encore sèche? A ceux qui profitent des bulles spéculatives ainsi générées: immobilier et actifs financiers. Et qu'on ne vienne pas me dire que le primo-accédant à la propriété ou le salarié qui possède trois malheureuses actions de sa société fait partie des gagnants: ceci n'est qu'un paravent destiné à justifier l'ampleur du hold-up! (Voir l'article que je consacre au cas du "propriétaire" immobilier). Car bien sûr, ce nouvel argent, créé rappelons le ex nihilo (à partir de rien donc) au travers des crédits accordés à certains, rentre dans l'économie par certaines portes bien précises. C'est bien sûr le rôle des organismes prêteurs (banques par exemple) de faire le tri, un peu comme un vigile (un "physionomiste") à l'entrée d'une discothèque. Et je ne suis pas sûr que le chômeur, le RMiste ou toute une catégorie de la population aient la "tenue correcte exigée" pour rentrer. En revanche, toute l'ingéniérie financière, d'une complexité que l'on n'imagine guère, développée ces dernières années au bénéfice d'une minorité d'investisseurs, se fonde sur un crédit peu cher permettant de spéculer sur les marchés financiers mondiaux d'une manière que le quidam à bien du mal à imaginer. Cette population là, costard-cravate, est bien sûr la bienvenue au banquet du crédit facile. Il faut y voir là de manière évidente le dernier avatar en date de la concentration historique des richesses dont l'ampleur ne fait que s'accentuer. Miracle apparent de la finance moderne: plus vous empruntez d'argent, plus vous devenez riche! J'ai du mal à expliquer cela à ma vieille mère... Autres temps, autres moeurs dit-on. Et autre système monétaire, surtout.>NOUVEAU : cliquez ici et vous aurez sous les yeux le schéma qui clarifie grandement le tableau d'ensemble de ce petit jeu...> Par ailleurs, vous commencez je pense à comprendre pourquoi le fameux NAIRU est si important. Car il importe bien sûr que ce nouvel argent (dont les portes d'entrée ont été sélectives, ont l'a vu) ne perde pas de sa valeur, par l'effet de l'hélicoptère de Friedman ou de mon exemple de la baguette à 1000 euros. Eh oui, pour parodier le pub de La Poste, la richesse ne vaut que si elle N'EST PAS partagée par tous. Ainsi, à côté de ces havres de "bonne inflation" que constituent les bulles immobilières et financières (auto-alimentées par le crédit facile et l'injection de nouvel argent permis par les Banques Centrales), il faut aussi un vaste havre ou la "mauvaise inflation" soit la plus contenue possible. Bien sûr cette inflation là doit servir d'icône de référence à l'ensemble du peuple, afin que ne lui prenne pas l'idée de réclamer des hausses de salaires en rapport avec une inflation trop élevée, ce qui du coup ferait grimper encore plus la mauvaise inflation et viendrait atténuer la bonne! Comme la vigne qui pour se bonifier à besoin de terres pauvres, la richesse monétaire ne peut exister que grâce à une pauvreté relative. D'où l'importance d'un indice public ressassé en boucle qui indique un chiffre "adéquat", ainsi que celle d'un moyen de pression pour maintenir au plus bas les vélléités salariales: par exemple la pression du chômage créée par le NAIRU. En outre, en cas de hausse subite d'un facteur imprévu (par exemple le pétrole, ou les matières premières), cette pression exercée par le NAIRU empêchera (ou en tout cas retardera) toute possibilité des salariés de répercuter ces hausses sur le salaire demandé. Ainsi en cas de "choc externe inflationiste", comme disent les économistes, la mauvaise inflation restera contenue, au bénéfice de la bonne bien sûr! Comme on dit, c'est tout bénéfice, mais tout dépend pour qui!Relisez la phrase de Friedman que je cite en page d'accueil:"Si les ménages sous-estiment le taux d'inflation effectif, ils seront enclins à offrir plus de travail, puisqu'ils surestiment le salaire réel proposé, ce qui les conduit à accepter des propositions d'emplois qu'ils refuseraient si leurs prévisions étaient correctes ". Ne sonne t'elle pas un peu plus claire maintenant que vous possédez quelques clés de lecture et de compréhension supplémentaires?> Voilà, résumée le plus simplement possible, la thèse sous-jacente à toute cette histoire de NAIRU qui fut le point de départ de nos réflexions. Certes le champ est large mais, au final, le tableau est remarquablement cohérent, il me semble...

16:54 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Le hold-up du siècle

Plus profond que celui de la Sécurité sociale, plus béant que celui des retraites : le trou dans la poche des salariés.150 milliards d'euros, 1 000 milliards de francs. C'est un pic, c'est un mont, c'est une péninsule. Mais rien à voir avec le nez de Cyrano. De quoi s'agit-il ? Du montant d'un cambriolage économique qui recommence à l'identique tous les ans.Explication de ce brigandage national et discret : la richesse produite chaque année par l'ensemble des entreprises (valeur ajoutée) est essentiellement répartie en salaires (revenus du travail) et en profits (revenus du capital, argent et machines). Avec les impôts sur la production, l'ensemble forme le produit intérieur brut (PIB).Entre 1981 et 1995, la part des salaires s'est effondrée, passant de 71,8 à 60,3% ; dans le même temps, celle des profits bondissait de 28,2 à 39,3% 1. Le rapport de force entre travail et capital a basculé. Aux luttes sociales intenses des années 1970, ont succédé les politiques économiques libérales, la financiarisation de l'économie, la suprématie des actionnaires, les gains de productivité non compensés par des hausses de salaires. Et le chômage. Jacky Fayolle directeur de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires), explique au Plan B : « Dans les années 1980, les politiques de désinflation ont tout misé sur le chômage pour faire ralentir les salaires. Le chômage devenant massif et persistant, il induisait une perte structurelle du rapport de force sur le marché du travail au détriment des salariés. » En 1980, quand une entreprise versait 100 euros bruts à un salarié, elle servait 9 euros de dividendes à ses actionnaires. Aujourd'hui, c'est 26 euros.Arnaud Lagardère, Serge Dassault, Martin Bouygues et Claude Perdriel se frottent les mains. Jacky Fayolle éclaire le motif de leur extase : « En dix ans, du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, ce sont donc 10 points de PIB qui ne sont plus allés aux salaires dans cette valeur ajoutée, mais aux profits. [...] Le PIB de la France s'élève à environ 1 500 milliards d'euros : 100 à 150 milliards d'euros ont donc ripé des revenus du travail vers les revenus du capital. »Un transfert colossal puisque ces 100 à 150 milliards d'euros ponctionnés chaque année représentent dix fois le trou de la Sécurité sociale (11 milliards d'euros) ; neuf fois le déficit de l'assurance-chômage (14 milliards) ; trois fois celui des retraites (43 milliards).N'imaginez surtout pas qu'il suffirait pour résoudre les problèmes de rétablir l'équilibre capital/travail ou – pis ! – de supprimer les revenus du capital en nationalisant les moyens de production. Vous chagrineriez l'historien madeliniste Jacques Marseille pour qui ce genre de raisonnement traduit « les ravages de l'ultrapopulisme » (Le Point, 20.4.06). Certes, concède-t-il entre deux émissions destinées à brader les stocks d'invendus de son dernier opuscule, « à la fin de la brillante “saison” 2005, les entreprises du CAC 40 ont bien enregistré 84,3 milliards d'euros de profit, contre 66,2 milliards en 2004. »Dictature marseillaiseMais attention : « Il est malsain de flatter à l'excès les rancœurs d'un peuple, prévient Marseille. Des enragés de 1793 aux babouvistes de 1796, des contempteurs des 200 familles dans les années 1930 à ceux du CAC 40 aujourd'hui, aucun n'a jamais fait avancer les choses. Ce n'est pas, en fait, la dictature ultralibérale qui menace notre république, mais la vague plus sournoise de l'ultrapopulisme qui, en alimentant la haine des Français contre le “mur d'argent”, conforte les extrémismes de l'ultradroite comme ceux de l'ultragauche, et mine finalement les bases fragiles de notre démocratie » (Le Point, 20.4.06). Pour protéger ce joyau, Jacques Marseille déborde « d'idées saines » : la France « a besoin d'un homme fort, autoritaire, populaire qui prenne des décisions et qui remette sans cesse son destin entre les mains du peuple » (Le Nouvel Économiste, 6.4.06).Un Duce marseillais, en somme.

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Y'a quelqu'un que ça arrange là dedans..."

..Eh oui, cet ex-directeur général de Coca-Cola et désormais directeur de la SERALEP, à Saint Vallier, arrive à une conclusion bien similaire à laquelle je suis arrivé moi-même il y a quelques années. Comme il le dit en une phrase:"Je pense que ces 10% de chômeurs qui existent depuis 20 ans, ils doivent intéresser quelqu’un… Y’a quelqu’un que ça arrange là-dedans !"Flash back. Je reçois il y a deux jours sur ce blog un message d'un lecteur, Fredo, qui m'explique qu'il faut absolument que j'écoute l'Emission de Daniel Mermet, Là bas si j'y suis, diffusée le 29 Novembre 2006, intitulée "Les Patrons contre la Finance". Et particulièrement (mais le cycle des trois émissions vaut le coup d'être écouté en entier!), la 46' minute de cette émission là:///////////http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1046///////////Je mets ci-dessous en intégralité le passage concerné, que j'ai retranscrit par écrit. François Ruffin, journaliste, pose donc des questions à ce directeur d'usine quant à sa vision des "licenciements boursiers" et de la situation de l'emploi en général dans ce contexte.François RUFFIN : Vous pensez qu’il y a quasiment une concurrence à celui qui fera de plus en plus de licenciements aujourd’hui?Dominique ARTHAUD: Je pense que ces 10% de chômeurs qui existent depuis 20 ans, ils doivent intéresser quelqu’un… Y’a quelqu’un que ça arrange là-dedans ! Y’a des gens qui se désolent, tous les jours on en parle. Revenons aux amis de SERALEP [NDLR: l'entreprise dont il est aujourd'hui Directeur, et qu'il essaie de redresser après que cette entreprise soit passée de groupes en groupes contrôlés par des fonds de pensions], les plus gros donateurs sont des commerces de Saint-Vallier, ils ont compris intelligemment et généreusement que c’était aussi l’intérêt de tout le monde que SERALEP vive. Donc un des plus gros donateurs, c’est l’Intermarché qui est à 100 mètres de chez nous ici dans le Nord de Saint-Vallier, un des plus gros donateurs c’est un garage Renault qui est à côté de chez nous, c’est pas neutre, c’est à la fois des gens généreux, c’est à la fois des gens qui intelligemment se sont dit que si on ferme là, eh ben de toute façon ils achèteront plus, ou ils achèteront deux fois moins. Ce qui est surprenant, c’est que le MEDEF fasse pas cette approche, le MEDEF devrait se dire : « Surtout ne licencions pas chez Y, parce que demain je vais licencier chez X » alors qu’aujourd’hui, on a l’impression que c’est « « Vas y Y, vas y ! Licencie, tu te porteras bien mieux et X suivra ton exemple ». Moi ça me désole…FR : Vous dites qu’il doit y avoir des gens à qui ça sert qu’il y ait 10% de chômeurs depuis 20 ans, vous pensez que ça sert à qui ?DA : Je pense que ça donne pour un certain nombre d’employeurs une possibilité de « jouer négativement » sur le marché de l’emploi… Quand je dis négativement, moi je vois, j’ai quatre filleuls, y’en a un qui est chômeur, (ils ont à peu près 25 ans), un qui a un stage, un qui a fait de l’intérim et un qui a un CDD. Aucun n’a un CDI, comme si le CDI avait disparu du marché du travail ! C’est des jeunes de 25 ans, on leur donne déjà une image bizarre de l’entreprise, et maintenant on s’est mis à jouer avec ce marché du travail ce qui est facile hein, y’a plein de monde qui est là, ils acceptent des postes qu’ils n’auraient certainement pas accepté à une époque, par rapport à leur formation, surtout qui acceptent des conditions de travail qui sont moyennes. Et comme vous pouvez le voir, les revendications sont quand même très minimes, je pense qu’on est devenus un peu peureux, et que ce marché du travail à 10 % (de chômeurs), je pense qu’il y a un certain nombre de patrons que ça arrange.FR : Ca veut dire que finalement ces 10% de chômeurs, ils contribuent à imposer un silence au mouvement social ?DA : Ces 10% de chômeurs, ils contribuent à imposer un marché du travail où il y a quelqu’un qui souffre, c’est celui qui cherche du travail, quelqu’un qui est parfaitement à l’aise pour proposer des salaires moins forts qu’avant ou pour freiner au maximum les revendications. C’est vrai, je pense qu’on ne propose presque que des CDD de nos jours...Bon, eh bien que rajouter à ces explications d'un autre cadre qui arrive manifestement aux mêmes conclusions que moi? S'il pouvait connaître les dessous du NAIRU, la boucle serait bouclée... Mais alors, serait-il possible que bien d'autres personnes commencent à douter des beaux discours sur la bataille pour l'emploi et sur les "croisades" contre ce "Fléau" du chômage que l'on nous sert, et de tous bords politiques confondus, depuis 25 ans?Et comme un hasard n'arrive jamais seul, voilà qu'hier Dimanche, lors du zapping sur Canal+, je vois passer un extrait d'un documentaire diffusé sur France 5 intitulé "Il était une fois le salariat" et dans lequel l'économiste (atypique!) Bernard Maris explique que, bien sûr, le chômage est aussi "structurel" (autre petit nom du "chômage d'équilibre", autrement dit du NAIRU) et que depuis 20 ans il a aussi bien servi à dociliser les ardeurs et les revendications des salariés!Et comme les réalisateurs du Zapping sont de subtils monteurs de séquences, quelques séquences plus loin on apprend dans un extrait de JT que d'après un sondage récent (ah les sondages!):près de 50% des français envisageraient (avec anxiété) comme possible le risque de devenir SDF au cours de leur vie, avec une proportion de 62% des 35-49 ans!!!!!J'appelle cela la pédagogie de la Peur. Y'a pas à dire, le dressage a bien été fait depuis 20 ans, et les jeunes qui entrent aujourd'hui dans le "monde du travail "comme on l'appelle (ou du moins tentent d'y entrer...) apprennent vite que c'est loin d'être le meilleur des mondes! Et qu'à court terme, c'est le profil bas qui semble s'imposer...Face à cela, comment continuer à accepter cette mascarade qui consiste pour la plupart des politiques, et comme le dit joliment le chanteur Yves JAMAIT dans un de ses textes, à planter des fleurs aux pieds des SDF!TF1 et consorts passent beaucoup de temps à passer des reportages sur les nouveaux pauvres, sur la précarité, sur les difficultés à se loger, sur le surendettement, sur les SDF et bientôt viendra le "marronier" traditionnel (et donc déjà prêt) sur "la première victime du froid" qui sera bien sûr un SDF... J'avais déjà écrit un article l'année dernière sur ce sujet, le 25 Novembre 2005. Cette année la première victime du froid est encore en vie, elle a du retard... Est-ce parce que d'après l'INSEE, il y aurait moins de pauvres... ou bien plutôt à cause du réchauffement climatique?Ne soyons pas dupes. Car comme je le disais il y a un an, ils montrent, mais que démontrent-ils? TF1 exprime t-elle là toute sa dimension sociale? Permettez moi de igoler... Non, ne faut-il pas plutôt voir dans ces gesticulations médiatiques désormais bien rôdées et prêtes à servir une véritable Pédagogie par la Peur?

16:49 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La verité: "Le chômage a une histoire"

Le chomeur un handicapé social ou un outils economiques de la peur?A lire et a voir sur le terrain, je dirai second choix!Eh oui! Comme nous le rappelle Gilles Balbastre dans ce documentaire de 2001 (durée 2 X 52', visualisable en ligne), le chômage ne date pas d'hier. Ni les explications de nos dirigeants, ni les causes avancées, ni les "remèdes" proposés. Et pourtant, 30 ans plus tard, certaines images et certains propos nous rappellent qu'il peut y avoir un troublant statu quo dans l'apparence du mouvement, de la réforme et de l'engagement dans la guerre contre ce supposé fléau!Ce film, compilation de nombreux documents audiovisuels de l'INA, propose un retour d'une lucidité percutante sur la montée du chômage de masse en France depuis trente ans. Mais à la lumière de la clé de compréhension du NAIRU, il se décrypte, au fil des déclarations des hommes politiques, comme un gigantesque aveu : les classes dirigeantes ont non seulement délibérément consenti au chômage, mais ils l'ont délibérément utilisé comme un outil de pression pour faire passer les différentes réformes successives. Il y eut des intérêts supérieurs à ceux permettant d'accorder à TOUS, dans une société majoritairement salariale, la possibilité de faire partie de cette société et d'obtenir par leur travail des conditions dignes d'existence: la priorité donnée à la lutte contre l'inflation, puis à la politique dite du "franc fort" et enfin à la construction européenne vue sous l'angle dominant du marché et du libre échange. Certains propos de Jacques Delors et de Jean-Pierre Chevènement par exemple ne souffrent d'aucune équivoque...Ce processus se poursuit actuellement en justifiant le recours à plus de précarité (nouveaux contrats type CNE, CPE par exemple) par la supposée lutte contre le chômage !L'histoire permet de relativiser le présent pour mieux en saisir la nature... que l'on finit par ne plus voir!Les premières minutes du film sont lumineuses: la déclaration de Georges Pompidou, alors premier ministre en 1967, et celle d'un certain Jacques Chirac, alors secrétaire d'Etat à l'Emploi, à une époque où le chômage de masse n'existe pas encore (250 000 chômeurs), sont à écouter, à réécouter et à méditer, car elles augurent d'un choix politique délibéré, prémédité, et anticipé:////////////////Georges Pompidou (1967):"Dans le passé récent, nous ne connaissions pas le chômage, sauf en période de crise internationale généralisée, parce que nous n'étions pas une société industrielle moderne. Nous sommes devenus une société industrielle moderne; nous sommes surtout en train de le devenir. [...] Et par conséquent, nous devons considérer l'emploi comme un problème permanent. En permanence il y aura en France un problème de l'emploi. [...] Nous serons donc en risque permanent, et le gouvernement en est parfaitement conscient. Son rôle est de diminuer ces risques parfois, mais son rôle n'est certainement pas d'inviter les gens à la paresse en leur créant de nouvelles protections".////////////////////////////Jacques Chirac (1967):"[...] l'évolution démographique, l'évolution technologique et l'évolution économique, et notamment l'ouverture des frontières, ont conduit le gouvernement à penser que le nombre de demandeurs d'emplois était susceptible de s'accroître tout naturellement dans le cadre des mutations de notre société industrielle dans les années à venir."//////////////////////L'augmentation du chômage est déjà dans les cartons... pour le bien de la nouvelle "société industrielle moderne". Cela s'appelle un sacrifice sociétal. Tout sacrifice est réalisé pour un intérêt jugé supérieur, mais tout sacrifice a un coût..."Le chômage a une histoire"Note: le documentaire s'arrête en 2000 sur une note positive et pleine d'espoir. Depuis, le chant des sirènes et les mirages de l'Ere de la Nouvelle Economie se sont dissipés, et l'histoire du chômage (et désormais de la précarité salariée) a repris son cours...>> Pour les sceptiques, une preuve (parmi tant d'autres) en son et en image...Un économiste de la Société Gérérale est interviewé pour commenter les dernières décisions et explications de Jean-Claude TRICHET, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE) quant à la politique monétaire européenne actuelle et à venir.On parle évidemment beaucoup d'inflation (l'obsession de la BCE et des milieux financiers, l'inflation cette "euthanasie des rentiers" comme l'appelait KEYNES), et très vite on parle des risques inflationnistes et donc du marché de l'emploi qui s'améliorerait (ah?). Mais il est vrai que les taux de chômage sont en baisse (même apparente) et ça, ça "REND NERVEUX LA BCE"! Le reste je vous le laisse écouter.Ecoutez bien c'est d'une limpidité qui devrait convaincre plus d'un sceptique!uste pour bien comprendre quelques points de jargon économiste:- les "effets de second tour": en résumé, c'est lorsque les entreprises répercutent leur hausses de coûts et surtout que les salariés se rendant compte que le coût de la vie augmente, se mettent à réclamer des hausses de salaire...- et bien sûr: le "taux de chômage d'équilibre", c'est le nom français du... NAIRU (taux de chômage minimum qui permet d'équilibrer l'inflation, d'éviter qu'elle n'augmente, en faisant pression sur les salariés).

16:43 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

CItation

Franco Modigliani, un des initiateurs du concepts du NAIRU; en 2000, lors d'une conférence à Freiburg:"Le chômage est principalement [...] le résultat de politiques macroéconomiques erronées [les décisions des Banques Centrales], inspirées par une crainte obsessionnelle de l'inflation [...] et une attitude considérant le chômage comme quantité négligeable ("a benign neglect for unemployment") [...], apparemment basées sur une utilisation critiquable de la soi-disant approche du NAIRU "Un peu auparavant, il avait exprimé son affliction devant cet "affreux chômage massif" et avait dénoncé le manque d'ambition de l'objectif de 10% de chômeurs. "Aussi longtemps que ce taux n'est pas descendu à 3%, les efforts ne peuvent être relâchés", a-t-il déclaré. A ses yeux, si ce taux est aussi élevé, "c'est que la BCE le veut". La BCE "programme le chômage"1996, Alan Blinder, vice-président de la Banque Centrale américaine:Le NAIRU est " le petit secret de la macro-économie " ("the clean little secret of macroeconomics" ). > Robert Eisner, économiste américain spécialiste du NAIRU (Cité par Jacques Nikonoff dans La comédie des fons de pension, Arléa):" Le NAIRU est un des plus puissants moyen d'influence de ce siècle sur les politiques économiques ".> Octobre 1996, François Soulé-Magnon, conseiller industriel d'Alain Juppé à Matignon:" Dans la conjoncture actuelle, il n'y a que la pression du chômage qui évite une embardée sociale. Une amélioration sur le terrain de l'emploi entraînerait fatalement une pression salariale que le pays ne peut se payer."> 27 MAI 2005, 12h59, France Info, La Bourse:Le chef stratégiste de chez VP finance, François Chevalier, alors qu'on l'interroge sur les perspectives boursières dans les mois à venir, répond : "Le pire ennemi des profits financiers c'est le plein emploi [...] or, nous sommes loin du plein emploi".> 29 Janvier 2007, Article du monde: "2007 : vers une nouvelle année faste pour les Bourses ?""La profitabilité des entreprises restera structurellement élevée, grâce à la mondialisation, la productivité élevée, la FAIBLESSE des créations d'emplois et la faiblesse des charges financières", selon Jean-Pierre Petit, responsable de la recherche économique et de la stratégie d'investissement chez Exane BNP-Paribas."Voir la totalité de l'article ICIComment se fait-il qu'un économiste responsable de la recherche et de la stratégie d'investissement au sein de la plus grande banque privée européenne puisse déclarer une telle chose, et mettre la faiblesse des créations d'emplois dans les facteurs favorables aux bourses et aux profits? Est-il tombé sur la tête? Devenu fou? Victime d'une overdose de profits générés par son employeur (près de 6 milliards d'euros de bénéfices en 2005)?La VERITE est que cet économiste, comme tous les économistes dans ce type de fonctions, connaissent pertinemment le principe du NAIRU, l'utilisent quotidiennement dans leurs analyses et leurs prévisions, et savent qu'il est utilisé aux plus hauts niveaux de pilotages macro-économiques, et notamment à la Banque Centrale Européenne (BCE). Peu de créations d'emploi signifiera sans doute peu de nécessité de remonter de manière importante les taux d'intérêts pour la BCE, et donc continuation de la "faiblesse des charges financières"... Simple non?> Jean-Paul FITOUSSI, économiste, directeur de l'OFCE. Dans La politique de l'impuissance, page 43, Arléa, 2005."Il est en effet beaucoup plus facile de réduire l'inflation que le chômage, et toute politique qui y parvient est réputée courageuse, en raison même des souffrances sociales qu'elle inflige. Pour terrasser l'inflation, il suffit en effet d'augmenter les taux d'intérêt et d'accepter un niveau de chômage élevé. [...] On inventa le concept de NAIRU (Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment) pour dire précisément le danger inflationniste que comportait toute tentative de réduction du chômage. En somme, le chômage élevé était un phénomène équilibre ! "Et un peu plus loin, à son interlocuteur qui ajoute " vous êtes en train de dire qu'au fond, obsédé par la lutte contre l'inflation, on a littéralement consenti au chômage ", FITOUSSI répond : " Pis que ça ! On a dans une première phase instrumentalisé le chômage pour combattre l'inflation. Chaque " banquier central " de la planète sait que, dès qu'il augmente les taux d'intérêt, il met au chômage une partie des catégories les plus vulnérables de la population. "Et la phrase qui dit toute l'hypocrisie, le cynisme et au mieux l'ignorance des discours sur le chômage que ce site vise à dénoncer, mérite d'être écrite en capitales :" NON SEULEMENT IL LE SAIT, MAIS C'EST PRECISEMENT POUR ÇA QU'IL LE FAIT ".> Dans le même ordre d'idée, on peut trouver dans un manuel de cours DALLOZ destiné à des étudiants en écononomie, et plus précisément en économie monétaire, intitulé "Monnaie, Banque, Financement", un passage qui ne manquera pas de surprendre le "novice" mais qui illustre en détail ce que dénonce FITOUSSI ci-dessus." Afin de résoudre ce problème de crédibilité, Gordon et Barro (deux économistes, ndlr) envisagent un modèle de construction de réputation [...] Backus et Drifill (deux autres économistes, ndlr) ont alors mis l'accent sur l'attitude des responsables de la politique économique à l'égard de l'inflation : tous prétendront être très hostiles à l'inflation mais seuls le sont réellement ceux qui acceptent un chômage élevé si c'est le prix à payer pour une faible inflation. En acceptant le chômage, les responsables construisent leur réputation car seuls les actes couteux sont convaincants." Chapitre 5, Page 214.Afin de bien comprendre le sens de ce passage, qui fait appel à quelques notions particulières, j'ai écrit cet article d'explication et de commentaire:Dans ce chapître 5, intitulé " Les fondements des politiques monétaires ", les auteurs abordent la problématique de la Banque Centrale indépendante. Ils rappellent tout d'abord que " depuis une vingtaine d'années, c'est le concept d'indépendance des banques centrales qui inspire l'évolution des structures de décision de ces organismes " (p.213). Notre Banque Centrale Européenne (BCE) en est une illustration. Sans entrer dans les arcanes fort subtiles des discours sur les politiques monétaires, les auteurs expliquent qu'au cours des années 70, les niveaux d'inflation (et l'indexation des salaires sur cette inflation) avaient créé une situation où il était devenu nécessaire de mettre en oeuvre une nouvelle donne pour assurer la stabilité des prix. Le penchant inflationniste des gouvernements, cherchant sous la pression populaire (très forte après 68, ne l'oublions pas) à maintenir le chômage à des niveaux raisonnables, devenait insupportable pour toute une catégorie d'agents économiques, à savoir les investisseurs et les détenteurs de capitaux. L'idée des monétaristes (à nouveau Milton Friedman et ses disciples) fut de retirer des mains des gouvernements le contrôle de la création monétaire, c'est-à-dire la capacité de créer de la monnaie ex-nihilo, à partir de rien, ce que l'on appelle couramment faire tourner la planche à billets. En confiant ce rôle de gardien de la monnaie à une banque centrale réputée indépendante (concept dans les faits plus que douteux : indépendant de quoi et de qui, là est toute la question), et en confiant à cette entité la fonction basique de créer tous les ans un peu plus de monnaie selon une règle fixe et " connue de tous " (par exemple 5% par an), alors on était censé atteindre l'optimum nirvanesque de tout capitaliste : une croissance sans " inflation ", c'est-à-dire des profits qui s'accumulent mais qui ne s'érodent pas...Et c'est là qu'intervient le passage le plus intéressant du fameux manuel pour étudiants en sciences économiques. A mon sens, son prix de 28 euros est tout entier rentabilisé par ce qui suit. Le problème de nos économistes cherchant à promouvoir cette toute nouvelle banque centrale sortie de leur imagination est : comment prouver aux marchés financiers et aux agents économiques qu'elle est bien indépendante au sens où elle ne se laissera pas tenter par les travers inflationnistes qui étaient précisément reprochés aux gouvernements ? Leur réponse tient en un mot : la crédibilité. Une telle banque centrale, nouvellement créée, doit acquérir une crédibilité. Elle doit être crédible dans sa lutte contre la fameuse inflation. Et comment peut-elle devenir crédible ? Eh bien, elle doit se construire une réputation.C'est un peu comme le cow-boy du film. Il devient respecté et crédible grâce à sa réputation de gâchette fine, rapide et précise. Après en avoir descendu quelques uns, sa réputation est faite et tous y réfléchiront à deux fois avant de venir lui chatouiller les narines. Eh bien, figurez-vous, une banque centrale, et notamment son président, incarnant le rôle du " banquier central conservateur " (c'est le nom technique de cette conception actuellement en vogue), c'est un peu comme cette histoire de western. Lisons." Afin de résoudre ce problème de crédibilité, Gordon et Barro (deux économistes, ndlr) envisagent un modèle de construction de réputation [...] Backus et Drifill (deux autres économistes, ndlr) ont alors mis l'accent sur l'attitude des responsables de la politique économique à l'égard de l'inflation : tous prétendront être très hostiles à l'inflation mais seuls le sont réellement ceux qui acceptent un chômage élevé si c'est le prix à payer pour une faible inflation ".Arrive la phrase qui ferait frémir plus d'un chômeur, d'un salarié, et d'un honnête homme:" EN ACCEPTANT LE CHOMAGE, LES RESPONSABLES CONSTRUISENT LEUR REPUTATION CAR SEULS LES ACTES COUTEUX SONT CONVAINCANTS " .Quand je l'ai lue pour la première fois, cette phrase a résonné dans ma tête de longues minutes. Elle plaçait le point final sur le i de mes intuitions. Voilà donc le modèle qui sous-tendait aujourd'hui nos économies modernes, et l'Europe en particulier, qui possède aujourd'hui, et depuis 1998 , la banque centrale la plus " indépendante " du monde, il faut le rappeler !En clair, la BCE est actuellement en phase de construction de sa réputation. Elle a, il faut le dire, à sa tête un homme qui a lui déjà une certaine réputation. Jean-Claude TRICHET, actuel président de la BCE, fut auparavant pendant de longues années (celles de la montée du chômage) gouverneur de la Banque de France. J'avais déjà entendu dire à plusieurs reprises que ce monsieur avait sur la conscience au moins deux millions de chômeurs français. A l'époque, je n'avais pas compris. On parlait de politique du franc fort, mais je ne connaissais ni le NAIRU, ni les " règles du jeu " en vigueur dans le métier. Ces deux millions de chômeurs que certains lui imputaient, ce n'était pas en fait le fruit d'une erreur de politique, comme le quidam aurait éventuellement pu le penser. Ces deux millions de chômeurs français étaient manifestement les matériaux de construction de la réputation du monsieur en question en tant que banquier central moderne. Qu'il fut nommé (on ne parle pas d'élection dans ce milieu, c'est de la cooptation bien sentie) nouveau Président de la BCE après ce brillant parcours n'est donc pas un hasard : sa réputation et sa crédibilité passée dans la lutte contre l'inflation parlaient en sa faveur. Les chômeurs allongés sur le sol pouvaient en témoigner. Les colts du cow-boy Trichet luisaient au soleil le jour de sa prise de pouvoir. La noble et respectable institution sise à Francfort ne pouvait que bénéficier des rejaillissements de cette nomination sur sa propre réputation... Réputation auprès de qui au fait ? Mais des marchés, et principalement des marchés financiers, pardi...On apprend décidément des choses fort intéressantes en ouvrant certains ouvrages destinés à la formation économique d'une partie de nos "experts"...> Bernard Salanié, L'économie sans tabou, éditions Le Pommier, 2004. Economiste au CREST, centre de recherche de l'INSEE, professeur à polytechnique et à l'ENSAE.Où l'on découvre un étonnant "Taux de sacrifice"...Chapitre " Les multiples formes du chômage ", p.88 :"Réciproquement, une baisse de l'inflation ne peut être obtenue qu'au prix de l'acceptation d'un taux de chômage supérieur au taux de chômage structurel pendant la période de désinflation.Pour donner un ordre de grandeur on estime que la valeur du "taux de sacrifice" est entre 2 et 3% : pour réduire l'inflation de 1%, il faut tolérer une augmentation du taux de chômage de 2 ou 3% pendant un an, ou de 1% pendant 2 ou 3 ans. C'est la forme moderne de la courbe de Phillips, parfois évoquée dans les journaux, qui représente les variations de l'inflation en fonction du taux de chômage. Elle rend bien compte du processus de désinflation qu'a connu la France au milieu des années 80."VU SOUS CET ANGLE, LE CHÔMAGE DE MASSE DURABLE DE CES TRENTE DERNIERES ANNEES APPARAÎT CLAIREMENT COMME UN SACRIFICE SOCIETAL DELIBERE...> NEW La dernière preuve en date en provenance de l'OCDE du fait que faire pression sur les chômeurs pour mieux faire pression sur les salariés est une stratégie délibérée aux plus hauts niveaux de pilotage économique...A quoi sert la pression actuelle sur les chômeurs? Pourquoi cette tendance générale, dans l'Union Européenne (cf. les réformes Hartz en Allemagne), à accentuer la stigmatisation des chômeurs ? Pourquoi cette omniprésence dans les débats et l'opinion publics de "l'évidence" de comportements individuels "déviants" d'assistés soi-disant abusant du système de protection sociale ?Indépendamment des réactions morales ou politiques suscitées par cette nouvelle "chasse aux mauvais pauvres" qui semble comme faire écho aux formes anciennes de traitement punitif des mendiants et autres vagabonds, on peut à tout le moins être surpris d'une telle tendance.L'OCDE, à sa manière cynique, apporte la réponse dans son récent rapport sur l'emploi :« Les réformes structurelles, qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés » .Source: Perspectives de l'emploi de l'OCDE (2006). Stimuler l'emploi et les revenus ; cité par Laurent Cordonnier dans un article récent du Monde Diplomatique (« Economistes en guerre contre les chômeurs ».N'est-ce pas d'une limpidité effrayante? Et c'est l'OCDE qui l'écrit! C'est la définition même du sacrifice ou du bouc émissaire, et le taux de sacrifice (voir ci-dessus) prend ainsi tout son sens!Si ce n'est pas (encore une fois) une preuve du caractère éminemment opératoire du principe actif derrière le NAIRU, que faut-il de plus pour convaincre les plus sceptiques?Le chômeur doit souffrir encore plus, être stigmatisé encore plus durement, pour devenir un épouvantail social encore plus efficace, afin de dociliser le reste des fantassins salariés...Avec bien sûr au sommet de la Pyramide des Epouvantails le nec plus ultra: le SDF, que l'on montre beaucoup dans les médias, mais dans quel but: dénoncer et agir, ou bien avant tout faire peur?62% des 35-49 ans craignent un jour de devenir SDF d'après un sondage récent. La stratégie de l'OCDE risque donc de bien fonctionner.

16:23 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

NAIRU, Le Nom de la Ruse

Le scénario... Le Moyen Age a connu sa grande peur: celle inspirée par l'Eglise au travers du Diable. Dans le Nom de la Rose, Guillaume de Baskerville (joué par Sean Connery) nous montre comment un livre d'Aristote sur le rire devient une menace pour l'Eglise: les moines copistes qui pourraient le reproduire sont assassinés les uns après les autres. Si on rit, le Diable semble moins menaçant, et si on a moins peur du Diable, alors on sera peut-être moins enclin à croire en Dieu...Le NAIRU*, le taux de chômage en dessous duquel il NE FAUT SURTOUT PAS descendre, est le Diable Moderne: le chômage qui en résulte sert avant tout, et délibérément, à faire peur aux citoyens et aux salariés. Afin de les rendre plus dociles... A chaque époque son Diable et ses formes de contrôle social. Les discours actuels sont à la culpabilisation de ces "fainéants de chômeurs", qui ne penseraient qu'à frauder le système. Et si c'était le système qui nous fraudait tous?Ce site est une plongée dans le plus "grand petit secret" de la macro-économie, comme l'affirma lui-même Alan Blinder en 1996, alors vice président de la Banque Centrale américaine, la FED. Inconnu du grand public, jamais évoqué dans aucun débat médiatique, le NAIRU est LA clé pour comprendre le chômage actuel, en particulier son caractère massif et persistant. Qui n'est pas un fléau contre lequel tous jurent - pardon, promettent - de mener Croisade, comme nos politiques et présentateurs vedettes de JT nous le répètent à l'envi, mais un choix délibéré, réalisé au plus haut niveau. Un choix éclairé, justifié par un argument présenté comme rationnel: la lutte contre l'inflation. Mais cet argument est lourd de conséquences, dans la mesure où il est aussi un prétexte pour faire accepter sans questionnement des choses bien moins avouables. L'arbre de la lutte contre la vie chère cache la forêt du chômage de masse, de l'insécurité sociale, de la trouille de perdre son emploi. Si Croisade nous devons mener, ce n'est pas contre le chômage en lui-même mais contre ceux qui le programment et l'instrumentalisent, aux dépens et à l'insu de la majorité de la population...A l'époque d'Internet, les internautes copistes ne craignent plus rien (enfin je l'espère!).Dieu merci ?* acronyme anglais: Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment, littéralement le "Taux de chômage qui n'accélère pas (n'augmente pas) l'inflation".Ce qu'il faut savoir en 5 minutes... Au cours des trente dernières années, le chômage de masse est devenu une constante de notre société. Toutes les explications ont été données, les discours les plus divers se sont succédés. Aujourd'hui, le chômage est toujours là, massif, quasi-constant. Si par ailleurs on ne se limite pas aux chiffres officiels sur lesquels l'attention se focalise car largement martelés dans les médias, mais que l'on y ajoute le "halo" autour du chômage (sous-emploi et mal-emploi subis, emplois artificiels et sous rémunérés, travailleurs pauvres et précaires, baisse artificielle des chiffres par affectation à des catégories annexes -formations, pré-retraites, dispensés de recherche d'emplois, etc. ), on peut atteindre des chiffres de l'ordre de 7 millions de personnes, pour reprendre le chiffre du rapport Guaino de 1997 (Chômage, le cas français). A l'époque, le congédiement immédiat de son auteur et la mise sous embargo de ce rapport montrèrent à quel point le sujet était politiquement sensible. Trop de chômage visible pouvant faire perdre les élections. Mais trop peu risquant aussi de poser problème, car...> ...toutes les explications disais-je? Pourtant, il en est une qui n'est jamais parvenue jusqu'aux oreilles du grand public: le NAIRU.> Le Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment (NAIRU) est le taux de chômage minimum qui n'accélère pas l'inflation. C'est un concept très présent dans les travaux des économistes. Ses traductions françaises sont bien moins parlantes que sa version anglo-saxonne: taux de chômage d'équilibre (rare) ou taux de chômage structurel (plus courant, bein que rarement explicité)> Le concept est issu des travaux d'un économiste: en 1958, William Phillips montre qu'historiquement, on observe une relation inverse entre augmentations salariales et chômage. Quand l'emploi se fait rare, les salariés sont sous pression et modèrent leurs vélléités. La menace du chômage rend plus docile... C'est ce que semble montrer la Courbe de Phillips> La découverte fait florès, les travaux se succèdent. En 1968, Milton Friedman, économiste monétariste (libéral), introduit le Taux de Chômage Naturel. Il y aurait dans la société un taux de chômage en dessous duquel les gouvernements ne devraient pas essayer de descendre, car alors, leurs efforts seraient vains et ne conduiraient qu'à relancer l'inflation. Trop peu de chômage serait mauvais pour la lutte contre l'inflation...> Le NAIRU est introduit en 1975 par Lucas Papademos et Franco Modigliani. Il vise à priori à nuancer la brutalité du "mur de Friedman". A un niveau élevé, on pourrait lutter contre le chômage, mais en se rapprochant du NAIRU, les risques augmenteraient de voir l'inflation se relancer. Problème: où se situe le NAIRU? Les économistes sont bien incapables de le calculer avec précision! Pourtant, ils ne se privent pas de l'utiliser régulièrement...> Dans les années 60 et surtout 70, les profits des entreprises sont érodés par une inflation qui augmente et un rapport de force en leur défaveur (encore accru après les mouvements sociaux posts 68). Les détenteurs de patrimoines et les prêteurs de capitaux sont pénalisés par une inflation à deux chiffres. L'offensive du courant économiste libéral (à partir de la fin des années 60) va arriver à point nommé pour renverser la vapeur.> Le NAIRU et le chômage qui l'accompagnent vont devenir une variable d'ajustement permettant de faire pression sur les conditions du marché du travail. Celui-ci redevient globalement défavorable aux salariés en même temps que le chômage augmente, en particulier au cours des années 80 et 90. En 20 ans, la part de la richesse nationale qui revient aux salariés recule en France de 10% par rapport à celle allant aux détenteur de capitaux. Les conflits du travail (grèves principalement) diminuent de 86% en 20 ans. Le chômage et la précarité créent de la peur et modifient les termes de la négociation employeurs-salariés. Sur la même période, l'inflation officielle a chuté considérablement... pendant que le chômage augmentait non moins considérablement!> Le NAIRU est aujourd'hui extrêmement utilisé. Sur Google, tapez NAIRU et vous obtiendrez plus de 170 000 pages. Allez sur le site du Sénat, et vous y trouverez en effectuant une recherche plusieurs dizaines de documents utilisant ce concept. L'Organisme de Coopération et de Développement Economique (OCDE) qui est une institution éminemment influente de par ses recommandations économiques, réalise de nombreuses estimations du NAIRU. Sur le site de la Banque Centrale Européenne (BCE), gardienne de l'Euro, pas moins de 200 documents avec ce terme vous seront servis. Normal car la BCE a pour UNIQUE OBJECTIF la lutte contre l'inflation (c'est défini dans ses statuts). Selon l'OCDE et et BCE, le taux de chômage qui stabilise l'inflation en Europe serait aujourd'hui de l'ordre de 10%... En 1997, les NAIRU estimés pour chaque pays pouvaient être considérables (jusque 19% de la population active en Espagne!)>> ET POURTANT, EN AVEZ VOUS DEJA ENTENDU PARLER?> L'essor au cours de la dernière décennie de la sphère financière a renforcé l'obsession de la lutte contre l'inflation. Les profits financiers sont allergiques à l'inflation, car celle-ci érode la valeur de l'argent... de ceux qui en détiennent beaucoup!> Ceci explique notamment que le NAIRU soit un concept aussi présent dans les travaux et les recommandations des économistes, surtout lorsque ceux-ci exercent des fonctions importantes au sein d'établissements financiers privés...> Le chômage est toujours présenté comme un "Fléau", un "Cancer", contre lequel tous jurent de mener combat. L'emploi est la priorité du gouvernement, cela fait des décennies que nous entendons cela. Mais un phénomène aussi durable et massif dans le temps ne peut exister sans un choix délibéré. L'explication selon laquelle le problème serait un manque de croissance est fallacieuse. Celle qui vise actuellement à stigmatiser les chômeurs en les rendant en quelque sorte responsable de leur sort est cynique... En laissant supposer que le chômeur est un fraudeur et un profiteur, on renverse la charge de la preuve et on fait diversion en dédouanant le système de toute responsabilité, et encore plus de toute intentionalité.> La régulation de l'économie par l'inflation a été remplacée par une régulation par raréfaction de l'emploi. La croissance potentielle visée par la BCE inclut dès le départ l'hypothèse d'un taux de chômage supérieur au NAIRU. Le volant statistique de chômeurs correspondant au NAIRU est dès le départ exclu, il est considéré comme "non mobilisable" puisque priorité va à la lutte contre l'inflation.> Le chômage un Fléau? Sans doute pour ceux qui le vivent ainsi que pour les salariés qui en ressentent la pression. Mais cette enquête sur le NAIRU montre que le chômage est avant tout un outil de pression sur le marché du travail. Un chômeur travaille pour ainsi dire, et à son insu, à tirer l'inflation vers le bas. L'utilisation opérationnelle du NAIRU lui attibue au moins ce rôle, sans le lui reconnaître officiellement bien sûr. Car le NAIRU n'est pas vraiment politiquement correct. Ce qui explique sans doute son absence du débat public qui contraste singulièrement avec son omniprésence dans les travaux des économistes.> Affirmer que le chômage est voulu et planifié est sans doute "hérétique". Pourtant, les indices réunis ici constituent un faisceau de preuves très dense et cohérent. Par ailleurs, quand c'est un des créateurs du concept de NAIRU, prix Nobel d'Economie, qui le déclare et le dénonce, c'est qu'il y a sans doute quelque vérité dans cette hérésie. Ceci implique certainement un changement radical de nos représentations et l'impératif de demander des comptes à nos dirigeants et représentants ainsi qu'à ceux qui les conseillent et orientent leurs politiques.Depuis l'âge de sept ans, en 1973, j'ai appris à vivre, comme vous sans doute, dans une société dans laquelle le chômage est devenu un terme et une réalité tellement familiers qu'il fait désormais partie des murs de la maison. En augmentation régulière depuis cette date, à de rares exceptions près, il est même devenu ce que l'on appelle couramment un « chômage de masse », autant par le nombre des personnes concernées directement ou indirectement dans la population (qui se comptent en millions dans la plupart des pays) que par son extension à l'ensemble des pays caractérisés par une économie « moderne » de marché.L'Allemagne a ainsi, en Janvier 2005, dépassé le cap des 5 millions de chômeurs inscrits (j'insiste sur ce terme, on verra pourquoi), record absolu depuis la seconde guerre mondiale. En Europe, les chiffres officiels seraient aux alentours de 35 millions. Il y a en France en permanence depuis plus de 20 ans une situation dans laquelle le chômage est bien supérieur à ce qu'il fut au moment de la pire crise économique connue, celle de 1929! Il semblerait que nous soyons donc dans une crise... permanente!Cela fait en réalité 30 ans que le phénomène est présent et se répand. Et cela fait également 30 ans que nos dirigeants et leurs conseillers politiques et économiques de tous poils ânonnent le même refrain : le chômage est un Fléau (comme en son temps les sept plaies d'Egypte ou la Peste), et il constitue la préoccupation, l'objectif, la priorité « number one » du gouvernement du moment, nécessitant un engagement de tous pour mener la lutte, que dis-je la Croisade contre cette catastrophe sociale. Mais si le discours a présenté pendant longtemps ces chômeurs comme de pauvres victimes innocentes d'un système économique lui aussi innocent puisque visant un bien-être économique et social toujours plus grand, la tendance actuelle en Europe est à un discours bien plus culpabilisant... non pour le système qui reste au dessus de tout soupçon, mais pour ces chômeurs qui sont de plus en plus désignés par nos politiques comme un peu responsables de leur sort, quand il ne sont pas tout simplement des tire-au-flanc et des fraudeurs.En 1998, connaissant moi-même mon baptême du feu en tant que chômeur (j'étais cadre dans une grande entreprise), je me décide à mieux comprendre de l'intérieur cette partie du système économique. Autant faire de cette période une période de formation... aussi sur ce qu'est le chômage ! Le chômage, comment ça marche ? Quels sont les règles, les droits, les modes de calculs des statistiques, quelle est son histoire, qu'en dit-on en politique et dans les médias, que fait-on pour le gérer voire le résorber ? La première évidence qui saute aux yeux, c'est que si le chômage est soi-disant le produit d'une crise conjoncturelle, c'est une crise qui dure ! Et une crise qui dure n'est plus une crise. Par définition ! Par ailleurs, tout semble bien me montrer qu'il y a une véritable machinerie mise en place pour le gérer sur le long terme. Il ne s'agit pas là de dénoncer ou de critiquer cette machinerie, il s'agit juste de constater son existence. Ce que j'ai en face de moi pour me gérer en tant que chômeur n'est pas un hôpital de campagne, c'est un hôpital tout court. Si le chômage est un Fléau, c'est un Fléau Institutionnalisé. Mais à cette date, bien que commençant à avoir quelques doutes sur l'efficacité des discours incantatoires visant à son éradication, je n'en ai pas encore vraiment sur la sincérité de ceux qui les diffusent.Et puis, en 2000, je tombe par hasard sur un livre intitulé « La comédie des fonds de pension [1]», rédigé par un inconnu pour moi, Jacques Nikonoff, qui n'est bien sûr pas encore le Président d'Attac à cette date. Un chapitre est consacré à une bête étrange et singulière, le NAIRU, acronyme anglais de « Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment ». Kesako? La traduction littérale est le « taux de chômage qui n'accélère pas l'inflation ». Sans rentrer dans le détail tout de suite, l'idée serait qu'en macro-économie moderne, si on ne souhaite pas que l'inflation (mesurée par la hausse des prix à la consommation) dépasse un certain niveau, il faudrait que le chômage ne descende pas en dessous d'un certain seuil, qui serait justement donné par ce fameux NAIRU. Vous avez bien lu, « ne descende pas en dessous de ce seuil » ! En clair, dans une économie moderne, il y aurait une sorte d'arbitrage délibéré entre chômage et inflation. Moins d'inflation voudrait dire plus de chômeurs, et vice versa. La conclusion qui en découlerait serait que bien sûr, un chômeur ne serait pas une victime innocente d'un système tout à fait innocent, mais une victime innocente, préméditée et UTILE d'un système qui ne serait pas tout à fait innocent s'il s'avérait qu'il ait comme vraie priorité « number one » la lutte contre l'inflation. Chômage ou inflation, il faudrait choisir, et le choix pourrait être coupable! J'ai alors la même réaction que vous probablement en ce moment : c'est tellement énorme que je reste incrédule malgré le caractère manifestement bien documenté du chapitre en question. Un niveau de chômage délibéré maintenu comme nécessaire au fonctionnement du système, c'est tellement éloigné de la représentation de l'opinion publique et des discours qui l'abreuvent, non, ce n'est évidemment pas possible!J'effectue alors quelques recherches sur Internet afin d'éclaircir la chose. Et là, je suis sidéré. Non, seulement ce concept existe bel et bien, mais en plus il apparaît comme pleinement opérationnel si j'en juge au nombre et à la nature des documents que je découvre et dans lesquels il apparaît. Loin d'être un concept poussiéreux restant cantonné au fin fond de quelque manuel d'économie, il est reprit et développé par de nombreux analystes et décideurs économiques, parmi lesquels des organismes et des institutions influentes (OCDE , BCE, FED, pour n'en citer que quelques-unes) ainsi que des personnalités aussi connues qu'Alan Greenspan ou Jean-Claude Trichet par exemple, respectivement présidents des deux banques centrales européennes et américaines.Le lecteur un peu curieux, et même le journaliste moderne un peu atone et endormi par le « fil » incessant des dépêches de l'AFP qu'il a appris à « copier-coller » pour remplir de manière « productive » les colonnes dont il a la charge, pourra ainsi vérifier par lui-même qu'en tapant NAIRU sur un moteur de recherche comme Google, ce ne seront pas moins de 61 200 pages contenant ce terme qu'il pourra consulter avec profit, d'autant mieux qu'il maîtrise la langue de Shakespeare il est vrai ! Le NAIRU est omniprésent dans certains milieux, et pourtant il reste invisible aux yeux de tous. Chut, il vaut mieux ne pas s'étendre là-dessus ! Comme le déclarait en 1996 le vice-président de la Banque Centrale américaine, Alan Blinder, ce NAIRU est « le petit secret de la macro-économie » ("the clean little secret of macroeconomics" )! Quant à Robert Eisner, économiste américain spécialiste de cette question, il ira jusqu'à déclarer que le NAIRU un des plus puissants moyen d'influence de ce siècle sur les politiques économiques .Quand même ...Il y a là quelque chose qui semble pour le moins discordant avec les discours que l'on entend tous les jours sur ce sujet qui est devenu au fil des ans, et si on en croit les sondages d'opinions (mais doit-on encore les croire?), la préoccupation majeure des français. La peur du chômage avant même la peur de l'insécurité, l'insécurité économique plus angoissante que "l'insécurité" tout court, voilà une histoire de peurs qui mérite d'en examiner d'un peu plus près les ressorts. Car les ressorts, comme chacun le sait, ça se remonte...l est difficile d'accepter une idée hérétique. Justement parce qu'elle est hérétique, c'est-à-dire contraire à la pensée ou à la CROYANCE dominante.Considérer que le chômage n'est pas qu'un Fléau mais qu'il est aussi un OUTIL de régulation (et de pression) délibérément entretenu et incorporé à part entière dans le fonctionnement des politiques macroéconomiques depuis 30 ans est donc clairement hérétique...Pourtant, des indices, et mêmes des PREUVES existent et même abondent quand on sait les repérer et les décoder. Une fois que l'on commence à examiner ce qui est disponible à notre esprit critique et à notre réflexion, le doute s'installe, certaines incohérences de la situation actuelle se font jour et s'expliquent, un début de conviction de plus en plus intime prend corps... Je le sais parfaitement car comme vous, il y a plusieurs années, je n'ai pas pu (ni VOULU!) y croire, et pourtant, j'ai dû finir par m'y résoudre: trop de choses ne collent pas dans les discours entendus depuis 20 ans...La difficulté à prendre du recul sur cette question du chômage provient d'un élément essentiel: l'existence d'un discours perpétuel qui vient nous occuper l'esprit pour nous placer dans le présent voir l'ultraprésent. Les chiffres du chômage, chaque mois, répétés en boucle, commentés à chaque variation de décimale, sont une musique de fond qui endort, et parviendrait presque à nous faire croire que le chômage daterait d'hier soir minuit!Quand aux "solutions", au fait que bien sûr la lutte contre ce "Fléau" (terme qui ne désigne pas qu'une catastrophe mais aussi un OUTIL pour l'agriculture, remarquons le...) est et sera la PRIORITE ABSOLUE de ce gouvernement, comme des précédents et des suivants, que la "Bataille pour l'Emploi" va "mobiliser toutes nos ressources et notre énergie", elles se sont succédées depuis 25 ans sans que la vraie reélité ne change: le chômage massif et de plus en plus généralisé (c'est-à-dire ne se limitant plus à des catégories spécifiques) s'est bel est bien instauré.Le but de cette page est de FAIRE UN NECESSAIRE PAS DE COTE en revoyant (et pour certains en voyant sans doute) quelques images d'archives sur ce qui a pu se dire sur cette question au fil des ans, pour l'essentielles tirées de l'INA (Institut National de l'Audiovisuel).Sans histoire, le présent est bien souvent insaisissable dans toutes ses dimensions. En matière de chômage, le présent n'est que la surface d'un passé profond. L'étonnante continuité de ce dernier questionne l'apparente mouvance gesticulatoire du premier. Au delà de la farandole des mots, certains faits sont tenaces!

16:22 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le chomage voulue et outils de peur pour l'economie des riches

Si vous pensez encore que le chômage est un Fléau "NATUREL", c'est que vous ne connaissez pas le NAIRU!Extrait vidéo de la chaine BLOOMBERG TV (chaine financière sur le satellite), enregistré le 22 Décembre 2006.Un économiste de la Société Gérérale est interviewé pour commenter les dernières décisions et explications de Jean-Claude TRICHET, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE, basée à Francfort, émettrice de l'Euro) quant à la politique monétaire européenne actuelle et à venir.La priorité UNIQUE de la BCE, et l'obsession des marchés financiers, est l'INFLATION. Or les taux de chômage "officiels" sont en baisse (même apparente) et ça, ça "REND NERVEUX LA BCE"! Le reste je vous le laisse écouter.J'ai retranscrit le passage clé ci-dessous:Juste un point: le "taux de chômage d'équilibre", c'est le nom français du fameux NAIRU, le taux de chômage MINIMUM (oui,minimum!)qui permet d'équilibrer l'inflation, d'éviter qu'elle n'augmente, en faisant pression sur les salaires et... les salariés par la Peur du chômage et de la précarité)."... aujourd'hui il y a une amélioration de la situation de l'emploi, il y a des tensions sur certains marchés du travail et on voit bien que même si les taux de chômage restent élévés (il le reconnaît, NDLR!), on peut se dire qu'HISTORIQUEMENT ON EST AU NIVEAU DES TAUX DE CHOMAGE D'EQUILIBRE (NAIRU donc), VOIRE LEGEREMENT EN DESSOUS, et ça ça crée FORCEMENT un RISQUE ou une NERVOSITE du côté de la BCE..."FORCEMENT!!!!NON le chômage n'est pas qu'un Fléau, mais aussi un outil de régulation économique et de contrôle social par la PEUR fort efficacement employé depuis 20 ans.

16:15 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

De l'autre cotés du Periph

16:12 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Trouvé sur le net:

C'est marrant comme les gens de droite poussent le concept de « responsabilité individuelle » jusqu'à nier toute forme de psychologie et de sociologie. Pourtant, il est reconnu qu'avec un faible capital culturel (comme le disait Bourdieu) — caractéristique des milieux populaires — on n'accède pas à l'éducation. Pas de longues études, pas d'emploi rémunéré convenablement. (Mais il est vrai que ces derniers temps, un bon diplôme ne suffit même plus.)Toujours est-il que nier ce mécanisme sociologique et prétendre que les pauvres ont consciemment choisi leur situation, c'est nier les sciences sociales. Le bon obscurantisme, comme au Moyen-Âge. On va peut-être recommencer à interdire la science . D'ailleurs, la science, c'est mal : pendant que les gens pensent, ils ne produisent pas, ne consomment pas et ne font donc pas repartir la croissance. Putain de chercheurs ! Terroristes !

15:59 Écrit par Lal dans société | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La pauvreté menace en Belgique

Pluss de 20 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté, selon les chiffres d'une enquête européenne. Pour le ministre de l'intégration sociale Christian Dupont, sans sécurité sociale, 44% des Belges se trouveraient en-deçà du seuil de pauvreté. Plus de 15 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté, selon les chiffres d'une enquête européenne. Pour le ministre de l'intégration sociale Christian Dupont, sans sécurité sociale, 44% des Belges se trouveraient en-deçà du seuil de pauvreté. A l'échelle du globe, la pauvreté n'a ni couleur, ni frontière. Et pourtant, d'un continent à l'autre, elle revêt des visages bien différents. Quoi de commun en effet entre le paysan africain qui ne peut s'acheter une brouette et l'agriculteur du Vieux Continent, lourdement surendetté, qui n'arrive plus à joindre les deux bouts ? Leurs modes de vie n'ont certes rien à voir ; pourtant, tous deux sont des exclus, relégués en marge de leur société. De fait, on l'oublie trop souvent, nos contrées prospères ont aussi leur lot de laissés-pour-compte. C'est la raison pour laquelle Billy-globe a décidé de se pencher sur leur réalité en Belgique.Au-delà des chiffresQu'est-ce que la pauvreté dans un pays comme le nôtre ? Pour délimiter la frontière entre pauvre et non pauvre, l'Union européenne, par exemple, raisonne en terme de revenus. On est considéré comme démuni lorsqu'on gagne moins de la moitié du revenu moyen du pays où l'on vit. Mais mesurer la pauvreté d'une population sur cet unique critère est loin de refléter parfaitement la réalité. Primo, un certain nombre de gens pauvres « n'entrent pas » dans ce type de définition; c'est le cas, par exemple, de ceux qui connaissent de lourds problèmes de surendettement, malgré un salaire correct. Deuzio, cette approche par le seuil de revenu masque une foule d'autres visages de la pauvreté : lutte pour les droits, problèmes scolaires, santé défaillante, souffrance, humiliation, stress continu, sentiment d'inutilité, etc. C'est aussi cela la pauvreté et pour l'approcher, il faut accorder de la place à une vision plus en nuance, plus qualitative que quantitative et multidimensionnelle.Parole aux pauvresEn Belgique, la connaissance de la pauvreté a connu un tournant décisif avec le premier Rapport général sur la pauvreté de 1994. Pour la première fois ici, pour comprendre la réalité de l'exclusion, on privilégiait une approche fondée sur le dialogue entre des associations dans lesquelles des personnes pauvres s'expriment, des représentants des CPAS et des instances scientifiques, administratives et politiques. Un pas de géant vers une définition participative de la pauvreté, qui donne la parole à ceux qui la vivent chaque jour. Ainsi cette femme qui raconte : « A l'école, les enfants subissent les étiquettes. Ces étiquettes, ça les écrase pour demain. Et cela alors qu'ils sont innocents et qu'ils devraient avoir l'avenir devant eux » A l'issue de ces échanges, a émergé entre autres une vision nouvelle qui qualifie la pauvreté et la précarité d'existence, de violation des droits de l'homme. Depuis ce rapport, grâce au Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale , la conversation avec les démunis se poursuit, accouchant tous les deux ans d'un nouveau rapport. Parallèlement à cette mission, ce service pilote un projet novateur sur les indicateurs de pauvreté. Un groupe de travail planche depuis avril 2002 sur cette question, avec autour de la table des personnes pauvres, des chercheurs spécialistes de cette question, des représentants de l'administration. Leur objectif : approcher le plus finement possible, le plus proche surtout du vécu et de la perception des pauvres eux-même, la réalité de l'exclusion. Le projet sera clôt en décembre prochain, et publiera ses conclusions en janvier 2004ActuellementPlus de 15 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté. Autrement dit, 15,2% de la population appartient à un ménage où le revenu disponible (après correction tenant compte de la taille du ménage, soit 9.270,67 euros par an) se situe en-dessous de 60% du revenu moyen national individuel.Ces chiffres plutôt alarmants émanent d'une enquête européenne, portant sur l'année 2003 et baptisée EU-SILC ("European Union Statistics on Income and Living Conditions"). Celle-ci vise à étudier le revenu et les conditions de vie des Européens.Selon la première mouture de cette enquête, effectuée par le Service public fédéral (SPF) Economie, PME, Classes moyennes et Energie auprès de quelque 6.000 ménages privés du pays, un ménage unipersonnel gagne en moyenne 1.422,81 euros par mois et 17.073,67 euros par an.Le seuil du risque de pauvreté est donc atteint, pour un ménage d'une personne, à partir de revenus ne dépassant pas 772,56 euros par mois et 9.270,67 euros par an.Pas moins de 15,2% des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté. Ce risque menace plus directement encore les chômeurs (32%), les parents seuls (31,2%), les locataires (24,6%) et les plus de 65 ans (22,6%).A l'inverse, avoir un emploi est une garantie plus sûre contre la pauvreté: le risque y est limité à 6,4%. De même, les propriétaires sont eux aussi mieux protégés (12,4%), tandis que les hommes sont moins exposés que les femmes au risque de pauvreté: 14,2% contre 16,2%.Par ailleurs, on notera que les 20% de la population au revenu le plus élevé ont un revenu 4,3 fois supérieur à celui des 20% au revenu le plus faible.L'enquête étudie également trois indicateurs non monétaires: le confort de base du logement (présence ou non d'une baignoire ou d'une douche, d'un cabinet de toilette avec chasse d'eau à l'intérieur du logement, du chauffage central et de l'eau courante chaude), la possession de biens de consommation courante (voiture, téléviseur couleur, téléphone et ordinateur) et l'appréciation subjective des ménages sur leur situation financière.Selon l'enquête du SPF Economie, 79,9% des ménages détiennent dans leur logement tout le confort de base. De même, 87,4% de ceux-ci disposent d'au moins trois des quatre biens de consommation cités. Enfin, 61,9% des ménages estiment ne pas avoir de difficultés à boucler leur budget.L'enquête EU-SILC, qui succède à l'Etude Panel des Ménages belges (PSBH) effectuée durant une dizaine d'années par les universités d'Anvers et de Liège, également dans un cadre européen, "s'inscrit dans le cadre de la lutte pour l'inclusion sociale et économique et des efforts en vue d'établir des indicateurs structurels capables d'appréhender la cohésion sociale", précise encore le SPF Economiepauvrete

15:44 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17,5% des Wallons sont pauvres

Un Belge sur 7 (soit 14,7% de la population) est pauvre, selon les résultats belges de l'enquête EU-SILC 2005 sur les revenus et les conditions de vie, publiée ce mardi par le Service public fédéral Economie.(prenez en compte que une bonne moitié des pauvres, ne sont pas comptabilisé et donc doublez les mesures).Pire que la moyenne européenne: Etre pauvre signifie devoir vivre avec moins de 822 euros (erreur: cela a été baissé a 772E, ce qui fait que ceux gagnant plus en sont exclu et vivote tant que mal) par mois pour une personne isolée ou moins de 1.726 euros par mois pour un ménage composé de deux adultes et deux enfants. La pauvreté touche 10,7% de la population en Flandre et 17,5% en Wallonie, alors que la moyenne européenne est de 16%.Personnes seules et séniorsLes femmes, les plus de 65 ans, les personnes seules -et singulièrement les parents de familles monoparentales- présentent un risque sensiblement accru de sombrer dans la pauvreté. Par contre, avoir un emploi constitue le meilleur rempart contre la pauvreté, selon l'étude.AllocationsQuelque 17% de la population vit dans un ménage dont le chef estime avoir des difficultés, voire de grosses difficultés, à joindre les deux bouts. Près de 50% de la population pauvre vit dans ce type de ménage. Les transferts sociaux (allocations, etc.) remplissent un rôle correcteur important dans la lutte contre la pauvreté. Sans la moindre allocation, 41,8% de la population vivrait dans la pauvreté. Sans allocations, mais avec les pensions de retraite, cette proportion atteindrait 27,8% de la population. (belga)large_353027

15:38 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Endettement: 158.000 Wallons concernés (24/03/2007)

16.000 dossiers ont été pris en charge par les services de médiation de dettesNAMUR Depuis le 1er janvier 2000, l'Observatoire de crédit et de l'endettement est chargé de collecter des données statistiques, d'étudier l'évolution de la législation, le public, les pratiques relatives au crédit et les problématiques qui y sont liées.Son expertise est, depuis longtemps, reconnue. "Actuellement, 158.000 Wallons sont en difficultés de paiement. 2 % de la population wallonne est surendettée. 16.000 dossiers ont été pris en charge par les services de médiation de dettes agréés en Région wallonne en 2005. Pour un peu plus de 43 % des dossiers traités, c'est un accident de parcours qui est à l'origine du surendettement : divorce, perte d'emploi, décès,... Le surendettement va souvent de pair avec d'autres problèmes sociaux", explique la ministre de la Santé en Région wallonne, Christiane Vienne.Les groupes d'appui, créés par le nouveau décret, devront poursuivre une approche du surendettement par une dynamique collective et le développement d'actions centrées sur une meilleure gestion du budget des ménages et sur la prévention à la rechute dans la spirale de l'endettement. "On se donne les moyens : 3.412.000 € consacrés à la lutte contre le surendettement en 2007 (+ 777.000 € par rapport à 2006). La création des groupes d'appui sera financée : 1.500 € par groupe créé et organisant un minimum de 10 animations dans l'année civile. Il y aura une augmentation des frais de fonctionnement de l'Observatoire, portés à 100.000 € (78.000 € en 2006)."L'Observatoire du crédit et de l'endettement mettra sur pied un programme de formation destiné aux médiateurs de dettes.Les travailleurs sociaux affectés à cette mission devront suivre une formation spécialisée d'au moins 30 heures.

14:17 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/03/2007

Quand la bourgeoisie tape sur les pauvres en oubliant ses devoirs!

13:55 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’or bleu, plus cher pour les plus pauvres

Rare et onéreuse, l’eau, dont on célèbre aujourd’hui la journée mondiale, est devenue un produit de luxe, inaccessible aux plus démunis.D’ores et déjà, une personne sur quatre dans le monde n’a pas accès à l’eau potable. « On évalue à 1,5 milliard le nombre de personnes qui n’ont pas un accès correct à l’eau saine et à 2,5 milliards celles qui n’ont pas accès à l’assainissement et à des toilettes », précise l’expert. Selon les standards de l’ONU, la rareté de l’eau commence à moins de 1 000 m3 par jour et par personne. Mais de nombreuses régions du monde vivent déjà en situation de pénurie chronique avec 500 m3 par jour et par personne. L’Asie et l’Afrique sont les continents les plus touchés, mais aussi le sud-ouest des États-Unis et le sud-est de l’Australie.Conséquence plus grave de la pénurie : dans les pays pauvres, ce sont les populations défavorisées qui écopent de la facture la plus lourde. Selon le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en milieu urbain, les ménages pauvres non raccordés à un réseau d’eau paient en moyenne 5 à 25 fois plus cher que les ménages moyens raccordés pour la même quantité d’eau, soit en moyenne 40 % à 50 % de leur budget mensuel.L’or bleu devient donc un nouveau produit de luxe. C’est ce que dénonce Action contre la faim dans sa nouvelle campagne. Après avoir déployé une immense affiche place de la Madeleine à Paris, l’ONG distribuait hier, dans 16 villes de France, 15 000 « échantillons gratuits » d’eau enfermée dans un petit flacon, tel un parfum onéreux. Autant de flacons que de décès dus chaque jour dans le monde à des maladies liées à l’eau. Car même lorsqu’il est présent, cet or bleu peut s’avérer dangereux, comme dans le centre du Cambodge où l’eau souterraine est contaminée à l’arsenic.femme10

12:02 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Méthode pour affaiblir les syndicats

Lors d’un débat au Salon des comités d’entreprise, Éric Woerth (UMP) a expliqué comment se passer des syndicats pour négocier.Quand Éric Woerth, trésorier de l’UMP, vend les propositions de Nicolas Sarkozy, il ne s’embarrasse pas des formules qui maquillent les intentions de la droite libérale. Lors d’un débat organisé mardi dans le cadre du salon CE qui se déroule au CNIT-la Défense, à Paris, il a expliqué « vouloir donner plus de place à la négociation dans les entreprises, plus de liberté aux élus du personnel de négocier des accords dérogatoires » à ce qui a été décidé dans la branche professionnelle. « Cela existe déjà avec la loi Fillon sur le dialogue social », a fait remarquer l’animateur, Jacques Lambert. « Oui, mais seulement pour améliorer les droits. La liberté, cela consiste aussi à ne pas améliorer », a-t-il répondu devant une salle médusée.« Vous dites que vous voulez un syndicalisme plus fort mais toutes vos mesures visent à l’affaiblir », a rétorqué Pierre-Jean Rozet, président du groupe CGT au Conseil économique et social, expliquant que négocier sans les syndicats, au niveau où le rapport de forces est le plus défavorable aux salariés, c’est se laisser tenter par « la loi de la jungle ». Éric Woerth applaudit le passage en force contre le droit de grève, réitérant la proposition de Nicolas Sarkozy d’imposer le service minimum dans les transports et un vote à bulletin secret au bout de huit jours. « Un casus belli », pour la CGT qui annonce un conflit inévitable. « Aucun syndicat, même réformiste comme le nôtre, n’est prêt à accepter une telle mesure », a aussi prévenu Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l’Unsa.Passer d’une culture de conflit à une culture de la négociation, Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, en rêve. « Nous savons ce qu’il ne faut plus faire », a-t-il juré, prenant l’exemple de la « deuxième loi couperet sur les 35 heures » du précédent gouvernement. Défendant les propositions de Ségolène Royal, il a revendiqué un « meilleur équilibre entre le patronat et les salariés » et une réforme « profonde » des règles de la négociation sociale qui passe par une représentativité des syndicats basée sur l’élection. Autour de lui, les syndicalistes ont tour à tour expliqué le blocage avec le patronat, « qui n’a jamais accepté le syndicalisme », a regretté Jean Grosset. « Surtout dans les PME », a insisté Jacky Dintinger, secrétaire général de la CFTC, qui voit là le problème essentiel auquel il faut s’attaquer.royo-luis-conceptions-5001188

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Cachez cette misere que je ne saurai voir

C’est le genre d’histoires qui en disent long sur la force des préjugés qui se tapissent sous le vernis du politiquement correct. Les faits, rapportés par l’envoyée spéciale de Libération, se déroulent à Lesparre, en Gironde, petite ville en croissance, comme en témoigne son nouveau lotissement. Et dans celui-ci, une rue sans nom, à laquelle le conseil municipal décide de donner celui de l’Abbé-Pierre. C’était sans compter sur la fronde des habitants, qui refusent de voir le nom du fondateur d’Emmaüs intégré à l’adresse de leurs luxueux pavillons. Pour se justifier, ces derniers avancent que ce nom devrait être réservé aux « centres sociaux » ou aux « cités HLM », et mettent en avant le prix astronomique de leur nouveau domicile. Un investissement immobilier qui leur a précisément permis de se mettre « à l’abri » de la misère. Ce n’est pas pour que celle-ci les rattrape, même symboliquement.On voit bien dans cette histoire l’image que certains riches peuvent se faire des pauvres, et notamment des 3,2 millions de mal-logés de notre si prospère pays. « Cachez cette misère que je ne saurais voir », semblent-ils nous dire. « C’est que, vous savez, entre les traites de la piscine et les contorsions pour éviter de payer l’ISF, on n’a pas la tête à s’occuper des pauvres. » Loin des yeux, loin du coeur : ce proverbe semble décidément prendre un sens nouveau en ces temps de « séparatisme social » de la part des plus riches. Pour la petite histoire, le maire de Lesparre a finalement décidé de maintenir le nom initialement prévu pour la voie. C’est faire trop d’honneur à ces bourgeois, qui confirment ici le verdict de Jacques Brel à leur égard.WoWScrnShot_031407_182727 [800x600]

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