26/03/2007

La verité: "Le chômage a une histoire"

Le chomeur un handicapé social ou un outils economiques de la peur?A lire et a voir sur le terrain, je dirai second choix!Eh oui! Comme nous le rappelle Gilles Balbastre dans ce documentaire de 2001 (durée 2 X 52', visualisable en ligne), le chômage ne date pas d'hier. Ni les explications de nos dirigeants, ni les causes avancées, ni les "remèdes" proposés. Et pourtant, 30 ans plus tard, certaines images et certains propos nous rappellent qu'il peut y avoir un troublant statu quo dans l'apparence du mouvement, de la réforme et de l'engagement dans la guerre contre ce supposé fléau!Ce film, compilation de nombreux documents audiovisuels de l'INA, propose un retour d'une lucidité percutante sur la montée du chômage de masse en France depuis trente ans. Mais à la lumière de la clé de compréhension du NAIRU, il se décrypte, au fil des déclarations des hommes politiques, comme un gigantesque aveu : les classes dirigeantes ont non seulement délibérément consenti au chômage, mais ils l'ont délibérément utilisé comme un outil de pression pour faire passer les différentes réformes successives. Il y eut des intérêts supérieurs à ceux permettant d'accorder à TOUS, dans une société majoritairement salariale, la possibilité de faire partie de cette société et d'obtenir par leur travail des conditions dignes d'existence: la priorité donnée à la lutte contre l'inflation, puis à la politique dite du "franc fort" et enfin à la construction européenne vue sous l'angle dominant du marché et du libre échange. Certains propos de Jacques Delors et de Jean-Pierre Chevènement par exemple ne souffrent d'aucune équivoque...Ce processus se poursuit actuellement en justifiant le recours à plus de précarité (nouveaux contrats type CNE, CPE par exemple) par la supposée lutte contre le chômage !L'histoire permet de relativiser le présent pour mieux en saisir la nature... que l'on finit par ne plus voir!Les premières minutes du film sont lumineuses: la déclaration de Georges Pompidou, alors premier ministre en 1967, et celle d'un certain Jacques Chirac, alors secrétaire d'Etat à l'Emploi, à une époque où le chômage de masse n'existe pas encore (250 000 chômeurs), sont à écouter, à réécouter et à méditer, car elles augurent d'un choix politique délibéré, prémédité, et anticipé:////////////////Georges Pompidou (1967):"Dans le passé récent, nous ne connaissions pas le chômage, sauf en période de crise internationale généralisée, parce que nous n'étions pas une société industrielle moderne. Nous sommes devenus une société industrielle moderne; nous sommes surtout en train de le devenir. [...] Et par conséquent, nous devons considérer l'emploi comme un problème permanent. En permanence il y aura en France un problème de l'emploi. [...] Nous serons donc en risque permanent, et le gouvernement en est parfaitement conscient. Son rôle est de diminuer ces risques parfois, mais son rôle n'est certainement pas d'inviter les gens à la paresse en leur créant de nouvelles protections".////////////////////////////Jacques Chirac (1967):"[...] l'évolution démographique, l'évolution technologique et l'évolution économique, et notamment l'ouverture des frontières, ont conduit le gouvernement à penser que le nombre de demandeurs d'emplois était susceptible de s'accroître tout naturellement dans le cadre des mutations de notre société industrielle dans les années à venir."//////////////////////L'augmentation du chômage est déjà dans les cartons... pour le bien de la nouvelle "société industrielle moderne". Cela s'appelle un sacrifice sociétal. Tout sacrifice est réalisé pour un intérêt jugé supérieur, mais tout sacrifice a un coût..."Le chômage a une histoire"Note: le documentaire s'arrête en 2000 sur une note positive et pleine d'espoir. Depuis, le chant des sirènes et les mirages de l'Ere de la Nouvelle Economie se sont dissipés, et l'histoire du chômage (et désormais de la précarité salariée) a repris son cours...>> Pour les sceptiques, une preuve (parmi tant d'autres) en son et en image...Un économiste de la Société Gérérale est interviewé pour commenter les dernières décisions et explications de Jean-Claude TRICHET, Président de la Banque Centrale Européenne (BCE) quant à la politique monétaire européenne actuelle et à venir.On parle évidemment beaucoup d'inflation (l'obsession de la BCE et des milieux financiers, l'inflation cette "euthanasie des rentiers" comme l'appelait KEYNES), et très vite on parle des risques inflationnistes et donc du marché de l'emploi qui s'améliorerait (ah?). Mais il est vrai que les taux de chômage sont en baisse (même apparente) et ça, ça "REND NERVEUX LA BCE"! Le reste je vous le laisse écouter.Ecoutez bien c'est d'une limpidité qui devrait convaincre plus d'un sceptique!uste pour bien comprendre quelques points de jargon économiste:- les "effets de second tour": en résumé, c'est lorsque les entreprises répercutent leur hausses de coûts et surtout que les salariés se rendant compte que le coût de la vie augmente, se mettent à réclamer des hausses de salaire...- et bien sûr: le "taux de chômage d'équilibre", c'est le nom français du... NAIRU (taux de chômage minimum qui permet d'équilibrer l'inflation, d'éviter qu'elle n'augmente, en faisant pression sur les salariés).

16:43 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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