26/03/2007

La pauvreté menace en Belgique

Pluss de 20 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté, selon les chiffres d'une enquête européenne. Pour le ministre de l'intégration sociale Christian Dupont, sans sécurité sociale, 44% des Belges se trouveraient en-deçà du seuil de pauvreté. Plus de 15 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté, selon les chiffres d'une enquête européenne. Pour le ministre de l'intégration sociale Christian Dupont, sans sécurité sociale, 44% des Belges se trouveraient en-deçà du seuil de pauvreté. A l'échelle du globe, la pauvreté n'a ni couleur, ni frontière. Et pourtant, d'un continent à l'autre, elle revêt des visages bien différents. Quoi de commun en effet entre le paysan africain qui ne peut s'acheter une brouette et l'agriculteur du Vieux Continent, lourdement surendetté, qui n'arrive plus à joindre les deux bouts ? Leurs modes de vie n'ont certes rien à voir ; pourtant, tous deux sont des exclus, relégués en marge de leur société. De fait, on l'oublie trop souvent, nos contrées prospères ont aussi leur lot de laissés-pour-compte. C'est la raison pour laquelle Billy-globe a décidé de se pencher sur leur réalité en Belgique.Au-delà des chiffresQu'est-ce que la pauvreté dans un pays comme le nôtre ? Pour délimiter la frontière entre pauvre et non pauvre, l'Union européenne, par exemple, raisonne en terme de revenus. On est considéré comme démuni lorsqu'on gagne moins de la moitié du revenu moyen du pays où l'on vit. Mais mesurer la pauvreté d'une population sur cet unique critère est loin de refléter parfaitement la réalité. Primo, un certain nombre de gens pauvres « n'entrent pas » dans ce type de définition; c'est le cas, par exemple, de ceux qui connaissent de lourds problèmes de surendettement, malgré un salaire correct. Deuzio, cette approche par le seuil de revenu masque une foule d'autres visages de la pauvreté : lutte pour les droits, problèmes scolaires, santé défaillante, souffrance, humiliation, stress continu, sentiment d'inutilité, etc. C'est aussi cela la pauvreté et pour l'approcher, il faut accorder de la place à une vision plus en nuance, plus qualitative que quantitative et multidimensionnelle.Parole aux pauvresEn Belgique, la connaissance de la pauvreté a connu un tournant décisif avec le premier Rapport général sur la pauvreté de 1994. Pour la première fois ici, pour comprendre la réalité de l'exclusion, on privilégiait une approche fondée sur le dialogue entre des associations dans lesquelles des personnes pauvres s'expriment, des représentants des CPAS et des instances scientifiques, administratives et politiques. Un pas de géant vers une définition participative de la pauvreté, qui donne la parole à ceux qui la vivent chaque jour. Ainsi cette femme qui raconte : « A l'école, les enfants subissent les étiquettes. Ces étiquettes, ça les écrase pour demain. Et cela alors qu'ils sont innocents et qu'ils devraient avoir l'avenir devant eux » A l'issue de ces échanges, a émergé entre autres une vision nouvelle qui qualifie la pauvreté et la précarité d'existence, de violation des droits de l'homme. Depuis ce rapport, grâce au Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l'exclusion sociale , la conversation avec les démunis se poursuit, accouchant tous les deux ans d'un nouveau rapport. Parallèlement à cette mission, ce service pilote un projet novateur sur les indicateurs de pauvreté. Un groupe de travail planche depuis avril 2002 sur cette question, avec autour de la table des personnes pauvres, des chercheurs spécialistes de cette question, des représentants de l'administration. Leur objectif : approcher le plus finement possible, le plus proche surtout du vécu et de la perception des pauvres eux-même, la réalité de l'exclusion. Le projet sera clôt en décembre prochain, et publiera ses conclusions en janvier 2004ActuellementPlus de 15 % des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté. Autrement dit, 15,2% de la population appartient à un ménage où le revenu disponible (après correction tenant compte de la taille du ménage, soit 9.270,67 euros par an) se situe en-dessous de 60% du revenu moyen national individuel.Ces chiffres plutôt alarmants émanent d'une enquête européenne, portant sur l'année 2003 et baptisée EU-SILC ("European Union Statistics on Income and Living Conditions"). Celle-ci vise à étudier le revenu et les conditions de vie des Européens.Selon la première mouture de cette enquête, effectuée par le Service public fédéral (SPF) Economie, PME, Classes moyennes et Energie auprès de quelque 6.000 ménages privés du pays, un ménage unipersonnel gagne en moyenne 1.422,81 euros par mois et 17.073,67 euros par an.Le seuil du risque de pauvreté est donc atteint, pour un ménage d'une personne, à partir de revenus ne dépassant pas 772,56 euros par mois et 9.270,67 euros par an.Pas moins de 15,2% des Belges sont directement exposés au risque de pauvreté. Ce risque menace plus directement encore les chômeurs (32%), les parents seuls (31,2%), les locataires (24,6%) et les plus de 65 ans (22,6%).A l'inverse, avoir un emploi est une garantie plus sûre contre la pauvreté: le risque y est limité à 6,4%. De même, les propriétaires sont eux aussi mieux protégés (12,4%), tandis que les hommes sont moins exposés que les femmes au risque de pauvreté: 14,2% contre 16,2%.Par ailleurs, on notera que les 20% de la population au revenu le plus élevé ont un revenu 4,3 fois supérieur à celui des 20% au revenu le plus faible.L'enquête étudie également trois indicateurs non monétaires: le confort de base du logement (présence ou non d'une baignoire ou d'une douche, d'un cabinet de toilette avec chasse d'eau à l'intérieur du logement, du chauffage central et de l'eau courante chaude), la possession de biens de consommation courante (voiture, téléviseur couleur, téléphone et ordinateur) et l'appréciation subjective des ménages sur leur situation financière.Selon l'enquête du SPF Economie, 79,9% des ménages détiennent dans leur logement tout le confort de base. De même, 87,4% de ceux-ci disposent d'au moins trois des quatre biens de consommation cités. Enfin, 61,9% des ménages estiment ne pas avoir de difficultés à boucler leur budget.L'enquête EU-SILC, qui succède à l'Etude Panel des Ménages belges (PSBH) effectuée durant une dizaine d'années par les universités d'Anvers et de Liège, également dans un cadre européen, "s'inscrit dans le cadre de la lutte pour l'inclusion sociale et économique et des efforts en vue d'établir des indicateurs structurels capables d'appréhender la cohésion sociale", précise encore le SPF Economiepauvrete

15:44 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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