11/02/2007

Les oubliés du naufrage

Quatre maisons de repos de Rixensart vivent un véritable drame. Le personnel réagitRIXENSART Il y a d'abord eu la Résidence du Lac concernée par un retrait d'agrément en date du 23 août 2006. Une deuxième sentence identique a suivi pour la villa Marie-Thérèse. Et depuis cette semaine, il y a la faillite de la société qui gère la villa Marie-Thérèse, l'Allée Fleurie et la Chantebrise. Au total, ce sont 113 résidents et 70 membres du personnel qui vivent un drame.Pour la Résidence du Lac, le personnel s'est finalement rassemblé pour créer une coopérative. Cela doit se faire pour le 21 février. Mais en attendant, les familles de certains résidents ont préféré prendre les devants et ont eu la chance de trouver une place ailleurs pour leur aïeul. Un tour de force quand on sait qu'elles ne sont pas légion. En tout cas pas au tarif pratiqué là. Et lors des départs, il y a eu des cris et des pleurs. Dans une extrême tension que l'on ressent aussi dans les trois autres maisons de repos concernées. Un curateur y trouvera-t-il une solution ?De quoi mobiliser le personnel qui vient d'envoyer une lettre ouverte recommandée aux ministres Christiane Vienne et Rudy Demotte. Son titre est assez évocateur : "Les oubliés du naufrage" ."Vieillir est, comme chacun le sait, bien difficile, surtout si l'on se sent inutile, dépendant et encore davantage si l'on est isolé des siens , explicite cette lettre ouverte. Avec les années, ces résidents font finalement partie de notre famille et nous devons gérer cet attachement affectif en perdition. Si toutes ces personnes nous quittent si difficilement, pensez-vous vraiment qu'elles ont été "maltraitées" ? Pensez-vous qu'il soit possible de recevoir tant de manifestations de leur attachement, de leur désespoir, de leur soutien, de remerciements si elles avaient vraiment été "manipulées" ? Pensez-vous que les familles de nos résidents nous en auraient laissé la garde si elles les savaient "mal nourris", "en danger" ? Et finalement, croyez-vous vraiment que tous les médecins de nos résidents auraient toléré cet état de fait sans dire un mot ? Des mots forts ont été prononcés sans avoir été vérifiés !"Pour Claire Claessens, qui travaille depuis 2003 pour les maisons concernées : "Où se cache la maltraitance finalement ? Dans la décision qui a été prise de fermer des résidences sur base de normes à ce point si sévères et contraignantes qu'elles sont difficiles à tenir ? Faut-il qu'une chambre d'une personne âgée devienne aseptisée, hyperfonctionnelle, telle une chambre d'hôpital, ou faut-il y privilégier bon sens et gentillesse en recréant cette chaleur humaine indispensable aux personnes ? Mais on laisse couler le bateau. Pourtant, il y a 183 personnes à sauver !"fursidecvr

09:18 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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