02/02/2007

plus de logements de transit

A l'instar de Fabienne Manandise (CDH) et d'Ingrid Colicis (PS), Anne Cattiez (Ecolo) porte le combat des sans-abri. Une manière de refuser ce statu quo qui condamne de plus en plus de gens à dormir dehors. Depuis que l'ASBL Solidarités Nouvelles a dressé ses tentes sur le chemin de halage, l'élue communale écologiste a dormi plusieurs nuits à leurs côtés. Et ce lundi au conseil communal, elle interpelle à nouveau le bourgmestre.Pourquoi avoir choisi de dormir aux côtés des SDF ?D'abord, parce que ce combat contre la précarité, je le mène depuis des années. J'ai été conseillère CPAS et j'ai côtoyé de près les problématiques de l'exclusion et du logement. C'était un prolongement. Ensuite, en étant près d'eux, je voulais mieux appréhender leur mouvement. Et j'ai compris la précarité de façon beaucoup plus profonde : à la rue, tu ne sais pas où tu vas loger le soir, te laver ou aller à la toilette. Mais ce n'est pas une idée soudaine de ma part : il y a un an, durant la campagne, j'avais déjà proposé à Ecolo de passer une nuit dans un squat avec eux. Pour marquer les esprits. Pour diverses raisons, cela ne s'était pas fait.N'est-ce pas une forme de compassion qui les aide peu ?Si tu en restes là, oui. Mais si tu interpelles et formules des propositions concrètes, non. J'espère être entendue par le communal comme le fédéral. Il faut être en relais avec eux sur ces questions. Nos parlementaires vont relayer ces questions dès cette semaine.Et que demanderez-vous au conseil communal de ce soir ?Je vais rappeler que nous ne répondons pas aux besoins primaires des sans-abri. Accepter que des gens vivent à la rue, aujourd'hui, c'est un choix de société. On peut d'abord répondre à des besoins élémentaires, avec les réquisitions douces d'immeubles pour les loger et l'ouverture de douches pour eux se laver. Marc Parmentier est actif mais cela ne suffit pas. Et cela ne sert à rien d'ouvrir des abris de nuit si ces gens ne savent pas où ils iront le lendemain. Il faut que ces personnes se posent, dans des logements de transit ou de réinsertion que la Ville doit ouvrir. Après seulement, ils pourront se remettre en projet, arrêter de boire ou de fumer. Enfin, il faut aussi plus de logements à bas loyer sur Charleroi. Bref, un plan d'ensemble, pluridisciplinaire, est nécessaire pour répondre à l'urgence puis à des besoins à moyen et long termes. On attend un geste de la Ville ; il ne vient pas. Je ne comprends pas : la période des grands froids, c'est maintenant.La mobilisation actuelle a-t-elle fait évoluer la situation ?Denis Uvier et Solidarités Nouvelles bougent pour qu'il en soit ainsi. Mais à part Marc Parmentier, je ne sais pas si le collège est conscient de la situation. Elle touche pourtant des gens et pas des citoyens de seconde zone. Ce devrait être une priorité, surtout pour une ville qui se veut sociale.Face à un grave problème de société, que peut une ville désargentée comme Charleroi ?C'est clair, il faut agir à différents niveaux de pouvoir. Charleroi doit notamment attirer des habitants à revenus moyens, afin de faire revenir de la richesse sur la ville. Mais il y a des priorités à définir au niveau communal. Dans le cadre de la politique des grandes villes par exemple, Charleroi a reçu 5 millions d'euros. Pourtant, la pauvreté est toujours aussi importante sur Marchienne. La Ville reçoit des subsides. Pour quelles priorités ?Espérez-vous une mobilisation qui soit plus que saisonnière ?C'était le sens de ma première interpellation au conseil communal, le mois dernier. Mais cette mobilisation doit aussi se concrétiser entre les communes, au sein de la communauté urbaine. J'espère que ce cri de désespoir secouera le cocotier. Et on interpellera encore dans six mois, pour savoir ce qui est prévu pour le Plan grand froid de l'hiver prochain. D'ici là, j'espère que les choses auront évolué.gothsk

02:58 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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