02/02/2007

50 voyages sur le dos de l'AWIPH

Le parlement wallon a approuvé la résolution qui clôt le travail de la Commission des Affaires sociales sur le dossier de l'Agence Wallonne pour l'Intégration des Personnes Handicapées. Le coût des voyages de l'administrateur-général Georges Rovillard (PS) avoisinerait les 120.000 euros.Au cours du débat, le député Willy Borsus (MR) a révélé de nouveaux éléments relatifs au goût des voyages de l'administrateur-général de l'Agence, aujourd'hui suspendu, Georges Rovillard.Selon des documents internes à l'AWIPH, M. Rovillard a accompli 55 voyages à l'étranger de 2002 à 2006. Outre les destinations déjà évoquées (Cap-Vert, Chypre, Chili, Liban et Grèce), on retrouve le Québec, le Maroc, la Turquie ou encore la Roumanie. Quatre autres personnes partageaient la même passion, parmi lesquelles on retrouvait une proche collaboratrice de l'administrateur-général. Cette dernière a participé à 46 voyages au cours de la même période. Le coût total avoisinerait les 120.000 euros.Ces voyages faisaient en outre l'objet d'indemnisations journalières variant de 70 à 100 euros qu'empochaient totalement les participants même si les frais étaient pris en charge par les hôtes. Selon les chiffres cités par M. Borsus, 47.000 euros ont été dépensés de la sorte.Deux agences de voyage se partageaient le marché: l'une était située à Fontaine-l'Evêque, commune dont le bourgmestre était M. Rovillard, et l'autre était Cap Evasion, une asbl paraprovinciale du Hainaut qui fut très controversée. Les absences de l'administrateur-général ont quant à elle dépassé les 500 jours entre 2002 et 2006.La facture pour la collectivité ne sera pas mince, a annoncé le député. Un délégué spécial a en effet été engagé pour une durée de 6 mois à l'AWIPH et il y a fort à craindre que M. Rovillard percevra son salaire de fonctionnaire dirigeant jusqu'à sa pension. Selon M. Borsus, la somme pourrait dépasser les 700.000 euros.Dans les tous prochains jours, les nouveaux commissaires du gouvernement à l'AWIPH remettront leur rapport sur les agissements de l'administrateur-général. Sur la base des conclusions, le gouvernement wallon décidera s'il intente une action disciplinaire contre M. Rovillard."Punching-ball"La ministre wallonne des Affaires sociales, Christiane Vienne, a une nouvelle fois été au centre des débats qui ont précédé le vote par le parlement wallon. Aux yeux de l'opposition, elle ne jouit plus du crédit nécessaire pour mener à bien sa mission."Ma confiance est définitivement ébranlée. Je suis convaincu que des personnes plus averties et plus capables seraient à même de mener à bien ce qu'on attend normalement d'un ministre", a lancé le député Willy Borsus (MR). Peu avant, la députée écologiste Monika Dethier a tenu un discours similaire. "Madame la ministre, je ne peux pas vous suivre et, pour moi, vous n'êtes plus que Madame Vienne, un point c'est tout! ", a-t-elle lancé.Les Réformateurs ont épinglé les 10 fautes lourdes de la ministre dans ce dossier: l'absence de contrat de gestion de l'AWIPH, des déclarations changeantes, la mise en cause de membres du comité de gestion blanchis ensuite par la résolution du parlement, etc. "A partir du moment où l'on a perdu la confiance du parlement, du gouvernement et d'une partie du secteur, que peut-on encore faire convenablement? ", s'est demandé M. Borsus.Sur les bancs de la majorité, le soutien est apparu nuancé du côté cdH. Dimitri Fourny s'en est pris à l'un des anciens commissaires du gouvernement à l'AWIPH, Dominique Delhauteur, également chef de cabinet de Mme Vienne. Il lui a reproché l'absence de rapport quand il était commissaire ainsi que d'une note stratégique sur le futur contrat de gestion. Son collègue Jean-Paul Procureur a toutefois rappelé que les tourments de l'AWIPH trouvaient leur origine dans les agissements de l'administrateur-général, Georges Rovillard."L'affaire AWIPH, c'était ça et ce n'était que ça", a-t-il souligné, s'étonnant tout de même de la facilité avec laquelle la ministre avait "tendu des perches" à ses détracteurs. Le PS a quant à lui reproché à l'opposition son attitude, notamment lors des auditions du mois de décembre où la ministre a servi de "punching-ball", aux dires du député Jacques Gennen.Le président de la Commission Patrick Avril, critiqué à plusieurs reprises, a regretté l'utilisation que certains députés ont fait des travaux pour se mettre en valeur. "La propagande politicienne ne peut se faire sur le dos de ceux que la vie n'a pas favorisés", a-t-il lancé. Les propos de la députée Ingrid Colicis sont apparus plus ambigus.Elle a dit prendre la défense de la ministre mais elle a salué la façon dont l'opposition avait joué son rôle. Elle aussi mis en avant le caractère "laborieux" de l'audition de la ministre le 15 décembre. La conclusion de son intervention a suscité un silence glacial dans le groupe socialiste: "C'est une seconde chance qui vous est donnée", a-t-elle dit à la ministre. L'opposition a quant à elle applaudi.finwe

02:49 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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