29/01/2007

Pauvreté : le bouc émissaire

On aura beau en changer la définition et en manipuler les chiffres, la pauvreté est en augmentation.Tout le monde à une opinion sur le sujet, ses causes et bien sûr les solutions... Pendant ce temps, les personnes démunies tentent de se forger une identité entre la compassion des uns et le mépris des autres.Le problème avec notre société, c’est qu’elle véhicule l’idée de deux catégorie de pauvres : les bons et les mauvais. La catégorie des bons pauvres regroupe les personnes âgées, les handicapés, mentaux et physiques, les immigrés, les invalides et peut-être quelques mères monoparentales à condition qu’elles soient dans la misère noire (et encore !!!), pour espérer susciter la moindre compassion. Les bons pauvres sont donc ceux - qui - sont - pauvres - mais - ce - n’est - pas - de - leur - faute !Vive la vision manichéennes et victimaires.Les mauvais pauvres sont donc, selon la croyance, les assistés sociaux « aptes au travail », les itinérants, les personnes dépressives, les alcooliques, les jeunes chomeurs, les toxicomanes, les parents monoparentaux, bref ceux - qui - n’ont - qu’à - travailler - s’ils - veulent - s’en - sortir ! Ceux que l’on traite le plus souvent de « parasites », de « profiteurs du système », ceux pour qui l’on « paie des taxes ». Ceux-là n’ont aucune chance d’inspirer autre chose que du mépris de la part de la population dite active.La classe moyenne est celle qui supporte le plus lourd fardeau fiscal. Elle éprouve donc un grand sentiment de frustration et d’injustice. Dans le numéro de décembre 2003- janvier 2004 de L’Aut’Journal, (n° 225, p. 6), on apprenait que, selon une étude qu’a coréalisé Léo-Paul Lauzon, professeur d’économie à l’UQAM, la part d’impôt que payaient les particuliers en 1950, représentait 51% du total et celle des entreprises 49%. En 2002, les choses ont beaucoup changé et les particuliers se tapent desormais 77% du fardeau fiscal pendant que les entreprises s’en tirent avec un confortable 23% ! C’est sans compter le congé fiscal de 10 ans dont bénéficient les investisseurs étrangers.Soit: les grands patrons ne payent rien, mais c'est le peuple qui trimment, comme au bon vieux temps !!Scandaleux non ? Seulement voilà : la classe moyenne ignore tout cela ! Se mettre la classe "payeuse de taxe" à dos n’est jamais très judicieux pour les gouvernements quels qu’ils soient. Afin de se soustraire à la colère du peuple ils doivent donc trouver un endroit où diriger cette colère. Le bouc émissaire est tout trouvé : les assistés sociaux. Et on tombe dans le panneau ! « C’est à cause des assistés sociaux que vous payez beaucoup d’impôts, ce sont ces parasites que vous faites vivre avec vos taxes ! » Et les payeurs de taxes continuent de croire dur comme fer que la vie serait tellement plus facile s’il n’y avait pas tous ces pauvres à entretenir...Alors que c'est l'exact contraire: les plus riches doivent entretenir les plus pauvres, ou di moins, les aider a s'en sortir, or, nous le voyons de plus en plus, tout est fait pour se faire un max de fric, presser le citron de l'employé et continuer a lui faire croire que a cause des chomeurs, ils vis de plus en plus mal!!À force de répéter un mensonge, celui-ci finit par être perçu comme une vérité. Le gouvernement a tout intérêt à empêcher l’émergence de la solidarité ou de la compassion que pourrait éprouver la classe moyenne envers la classe pauvre. Il donne donc une cible aux payeurs de taxes et s’assure du même coup que personne ne songera à défendre les démunis. Et les vrais profiteurs du système, riches et compagnies, se roulent par terre de rire !L’un des aspects les plus révoltants de la pauvreté est cet acharnement à maintenir les pauvres dans la misère en les empêchant d’améliorer leurs conditions de vie, ne serait-ce que légèrement. La prestation de base d’aide sociale pour une personne seule se situe autour 500E, hors, on sais que le seuil de pauvreté belge est de....750E/mois, autant le dire: une personnes aux chomage, ne peux vivre sans souffir de problemes d'ordres financie (endettement principalement, du aux retard de payement).somme très en-dessous du seuil de la pauvreté et ne permettant évidement pas de combler les besoins de base (nourriture, logement, chauffage, habillement). Et ce ne sont pas les récentes augmentations dans les frais de garde, de chauffage et de transport en commun ainsi que la suppression de l’aide au logement(laquelle?) pour les plus démunis qui vont améliorer les choses.Relisez le rapport sur la pauvreté, vous verrez ce qu'il en est!Une personne sur l’aide sociale qui désire retourner aux études pour se sortir de la misère n’aura plus le droit à ses prestations. Elle devra obtenir une bourse ou contracter un emprunt au gouvernement, emprunt qu’elle devra rembourser quel que soit son revenu après ses études. C’est sans compter les frais de garde pour les mères étudiantes, le nombre de places dans les garderies étant insuffisant et les listes d’attente interminables.Un vrai noeud a problemes ou on enfonce le clou pour laisser les gens dans la fanges de la pauvreté!Une mère monoparentale sur l’aide sociale avec un enfant à charge n’a plus droit au surplus dont elle bénéficiait auparavent. Si elle reçoit une pension alimentaire, elle verra sa prestation d’aide sociale amputée du montant de la pension (en effet, le gouvernement considère la pension alimentaire comme un revenu pour la mère et non un montant pour l’enfant !) Si elle se trouve un emploi au salaire minimum, les frais de garde et l’obligation de payer médicaments, lunettes, soins dentaires et compagnie font qu’il ne reste plus beaucoup d’argent au bout du compte !C’est comme si les démunis étaient au fond de l’océan. Chaque fois que quelqu’un parvient à se sortir la tête de l’eau pour respirer, le gouvernement lui assène un grand coup de massue pour le faire couler de nouveau ! De plus, il n’existe aucun barème-plancher, seuil de faible revenu en dessous duquel aucune coupure sur les prestations d’aide sociale ne pourrait être permise parce qu’aucune loi ne reconnaît officiellement le droit à un revenu décent permettant de combler les besoins de base.Enfin si, il existe une constitution, mais personnes ne la prend en comptes, normal, a quoi ca servirai de permettre a ces gens, si utile aux riches, de revenir a une vie decente!?Lorsqu’on ne fait pas couler les assistés sociaux, on les exploite. On peut penser ici aux « parcours d’insertion obligatoire », qui obligent les jeunes assistés sociaux de 18 et 24 ans à se soumettre à des programmes d’employabilité s’ils ne veulent pas subir une coupure de chomage de 4 mois (durant laquelle, faut aussi cherche du boulot, sans argent pour payer un loyer, vous me direz comment faire!Ces programmes d’employabilité, conçus officiellement pour que ces jeunes puissent réintégrer le marché du travail, servent davantage à fournir une main-d’oeuvre bon-marché à des employeurs, soucieux de diminuer leurs coûts de production. Tout le monde y trouve son compte, à part les jeunes : les employeurs disposent d’employés parfaitement exploitables qui n’ont pas le choix d’être là, tout en économisant sur les salaires et le gouvernement « rentabilise » l’aide sociale et se donne le beau rôle du héros qui sauve les jeunes de la déchéance...Alors que c'est tout le contraire, le sentiments de honte et d'exploitation est enorme, sans parler que souvent, sans diplome, on fera souvent des jobs qui payeront a peine le minimum vital et encore parfois cela atteint le bareme de 500E, soit de quoi payer un loyer mais pas de manger ou s'habiller (surtout a 50E le pull et autres, si on veu etre habillé correctement et non comme un clochard!).Durant ce temps, les jeunes en questions se retrouvent devant des emplois temporaires qui ne leur conviennent pas et qui n’offrent aucune possibilités d’avancement De plus, l’obligation qu’ils ont de travailler coûte que coûte pour recevoir leur maigre pitance les rend vulnérables à toutes sortes d’abus de la part de leur employeur (mauvaises conditions de travails, harcèlement psychologique ou sexuel, etc.).Ce qui est de plus en plus courant!Les préjugés aux sujets des assistés sociaux, qui vivent soi-disant la belle vie à ne rien faire, datent probablement de l’époque où il était effectivement possible de survivre avec l’aide sociale. Par contre, depuis une vingtaine d’années, le coût de la vie a augmenté beaucoup plus rapidement que le montant des prestations, qui ne sont d’ailleurs jamais bonifiées en fonction du coût de la vie. Aujourd’hui, pour survivre avec d’aussi maigres prestations, il faut avoir recours aux banques alimentaires pour manger de la nourriture périmée dont les grandes chaînes d’alimentation ne veulent plus, loger dans des logements insalubres et renoncer à tout loisir et à toute distraction. Ce n’est plus, en admettant que ça l’ait jamais été, une partie de plaisir.Ce que je confirme puisque je vis ainsi, parce que nous sommes 2 a s'entraider, nous arrivons a payer nos logements et notres nourritures, mais question habillements, sortie, et autres: impossibles, nous n'avons ni telé, un PC seulement, et seulement parce que j'ai mon voisin a pu le reparer, pas de telephone, pas de voiture, rien, je dors sur un vieu matelas et j'ai deux fauteuils mités, sans parlé de 5 couverts, 3 casseroles et 4 assiettes qui servent toutes la semaines, alors que une famille normale a dans les 10-15 assiettes, plattes et creuses, plates, ........Ce que je n'ai pas, le seul frais que j'ai investit et que je paye par mois est une machine a laver, parce que lave a la main n'etait plus fesable correctement!On n’arrivera jamais à créer une société solidaire si l’on s’épuise en chicanneries stériles et mesquines. Il est grand temps de remettre à jour notre perception des démunis et de renouer avec la solidarité afin de lutter ensemble contre un système qui fait de plus en plus d’exclus. Après tout, nous pourrions, nous aussi, être un jour parmi eux.Petite suggestion de lecture en terminant : « Ces riches qui ne paient pas d’impôts », par Brigitte Alepin, publié chez Méridien. Très instructif !Meme chose pour le livre "l'amerique pauvre"!images

14:26 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

génial ton blog! J'aime bcp!!! Bonne semaine.

Écrit par : Nous | 29/01/2007

Bonjour,
Bravo pour votre article. Je n'aurais pas mieux dit. Mais il y a tant à dire et tellement d'états de fait scandaleux, de mensonges devenus de vérités impossibles à déraciner (comme le préjugé qui fait des chômeurs les principaux électeurs du Front National en France -en fait, ce sont les commerçants la première des catégories qui soutient l'extrême droite...). Il faudrait parler du rôle de la famille comme soutient d'un système oppressif, du "racisme social" larvé dans les facultés françaises, il faudrait parler de tellement de choses ! Nous, les misérables qui avons réussi à garder et à développer notre intelligence critique malgré les lavages de cerveau auquel nous sommes soumis en permanence, il faudrait que nous écrivions un livre, entre étude sociologique, réflexion philosophique sur le pouvoir et témoignage genre "journal de guerre", pour essayer (sans se faire trop d'illusions) de faire émerger un peu de vérité dans cet océan de mensonges !

Écrit par : Sylvia | 16/07/2011

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