29/01/2007

Emmaüs : de la première communauté au réseau mondial

"J'avais un local, j'ai mis la pancarte Emmaüs, mais on ne pensait pas alors qu'il y aurait d'autres communautés". Plus de cinquante ans après sa création, le mouvement fondé par l'abbé Pierre compte 115 communautés en France, plus de 400 groupes dans une quarantaine de pays, des milliers de logements sociaux et des dizaines de structures d'accueil.La naissance de la première communauté de "chiffonniers" en 1949, à Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis), appartient à la légende, entretenue par l'abbé qui la racontait volontiers : "Tout est né de la rencontre avec Georges, un assassin parricide, un désespéré qui voulait se suicider. On m'appelle et je lui dis : "ton histoire est malheureuse mais je ne peux rien pour toi, mon salaire de député est dépensé pour secourir des familles qui vivent dans des caves". Mais je lui ai dit, "puisque toi, tu veux mourir, tu es libre, rien ne te retient et bien, avant de te tuer, viens m'aider". "Tout a commencé comme cela. Mais on n'imaginait pas alors qu'il y aurait d'autres communautés". Ce fut le départ d'une belle aventure, fondée sur une idée simple mais nouvelle à l'époque, la revente d'objets récupérés.Aujourd'hui, Emmaüs est devenu une galaxie avec des ramifications internationales qui s'est développée sur des valeurs comme un accueil inconditionnel et la reconnaissance de la capacité de chacun à se prendre en charge. Emmaüs France chapeaute 115 communautés, toutes laïques, où vivent en permanence ou de passage quelque 4.000 compagnons mais aussi deux autres branches, une dédiée à l'action sociale et au logement, l'autre à l'économie solidaire et à l'insertion. Grâce à ses activités de récupération et de recyclage notamment dans la filière textile, Emmaüs France réalise un chiffre d'affaires annuel de 117,7 millions d'euros auquel viennent d'ajouter dons, subventions, etc. Ce qui a fait s'élever ses ressources à plus de 250 millions d'euros en 2005.Une "taxe Emmaüs", évaluée à environ 0,1%, visant à imposer une contribution environnementale aux producteurs et importateurs du textile, devrait bientôt être imposée afin d'aider la filière de recyclage dans ce secteur.Au fil des ans, le mouvement Emmaüs est devenu une véritable société d'entraide aux multiples visages, le point commun étant le logement et l'aide aux plus marginalisés, qu'ils soient sans logis, drogués, alcooliques, anciens détenus. C'est aussi un bailleur social, gérant un parc locatif de 10.000 logements en Ile-de-France, un gestionnaire d'accueil de jour, Boutiques-solidarité, hébergements d'urgence. Créée en 1987 par des proches de l'abbé Pierre, La Fondation pour le logement des défavorisés est devenue un interlocuteur reconnu des pouvoirs publics.Emmaüs, c'est aussi "SOS-familles", créé en 1967, qui lutte contre l'endettement des familles, les Relais, créés en 1984, dont l'activité tourne autour de la fripe ou Artisans du monde (lieux de vente pour permettre aux populations défavorisées des pays du sud d'accéder au marché du nord).A l'étranger, le mouvement a essaimé dans une quarantaine de pays. Emmaüs international, créé en 1971, coordonne les actions souvent très diverses des 446 groupes locaux. En Afrique (Cameroun, Burkina Faso, Bénin, ou récemment Sénégal), Emmaüs soutient des activités agricoles, scolaires, secourent les enfants des rues. En Amérique latine (Argentine, Bolivie, Brésil...), les associations sont surtout présentes dans les quartiers urbains marginalisés.priestd

12:58 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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