26/01/2007

Une aide qui n'aide pas (26/01/2007)

Étude universitaire interpellante sur le contrôle des chômeursBRUXELLES Depuis juillet 2004, le gouvernement a opéré un tour de vis dans le contrôle des chômeurs. Ils doivent désormais se présenter régulièrement à l'Onem et prouver leurs efforts pour retrouver un emploi. Avec, à la clé, des sanctions pouvant aller jusqu'à la privation définitive d'allocations.Efficace ? Pas vraiment, selon les économistes de l'Ires (UCL). Car elle n'aide pas ceux qui en auraient le plus besoin.L'étude a porté sur la première tranche d'âge de chômeurs concernés par la réforme : les 25-29 ans. Et elle ne scrute qu'un aspect : l'efficacité de la lettre qui leur est envoyée par l'Onem après 13 mois de chômage pour les avertir des comptes qu'ils vont devoir rendre.Cette lettre n'est pas restée sans effets. Mais sur certains demandeurs d'emploi seulement. C'est le cas des diplômés de l'enseignement supérieur. La proportion ayant retrouvé un emploi dans les cinq mois est passée, dans ce cas, de 22 % (avant l'envoi des avertissements) à 27 % en Wallonie. En Flandre, la proportion a glissé de 30 % à 35 %.L'impact a aussi été bénéfique sur ceux qui avaient connu une expérience récente d'emploi, ceux qui résident dans une zone où le chômage est plus faible, et enfin sur les femmes.Deux inquiétudes profondes tout de même. Un : aucun effet positif n'a été enregistré à Bruxelles. Et deux : pour les autres demandeurs d'emploi, l'"effet est faible, et souvent proche de zéro". Cela inquiète, car ce sont justement eux qui ont le plus besoin d'être aidés. L'avertissement de contrôles à venir permet juste de booster les chômeurs ayant déjà le plus de chances de retrouver un job.L'Ires donne, au passage, un bon point à la Wallonie. Si ses résultats de remise à l'embauche sont quasiment identiques à la Flandre, alors qu'au Sud la pénurie de jobs est beaucoup plus nette, c'est grâce à une série d'actions d'accompagnement menées par le Forem. Mieux : en Flandre, la menace a conduit davantage de chômeurs à accepter des emplois à temps partiel, faiblement rémunérés.L'Ires conclut par quelques recommandations au pouvoir politique. Comme celle d'arrêter de contrôler les démarches faites pour retrouver un emploi, qui lui semble comporter de gros risques d'erreur d'appréciation de la part de l'examinateur du dossier. L'Ires préconise qu'on se concentre sur la seule acceptation ou non d'emplois convenables offerts par l'Onem.arg

23:50 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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