09/01/2007

Expulsions sauvages a charlerois

nterpellation développée par la conseillère communale communiste Malika El Bourezgui élue sur la liste ECOLO lors du Conseil communal de Charleroi du 23 février 2006.L'expulsion sauvage qui s'est produite dernièrement à Charleroi, comme tant d'autres, est révélatrice des malaises de notre ville en matière de logement.Que constatons nous ?D'un côté, la précarité d'une jeune mère de famille à la merci d'un marchand de sommeil et sauvagement expulsée de son logement pour un mois de retard de loyer.D'un autre côté, un propriétaire faisant profit de la misère humaine et s'arrogeant le droit de transgresser la législation, à savoir que toute mesure d'expulsion doit obligatoirement passer par une décision de justice.Et d'autre part, l'inefficacité des policiers intervenus sur les lieux du litige.En effet, il est incompréhensible que face à cette expulsion illégale, les policiers n'aient pas pris la peine de relever et verbaliser les voies de fait et les infractions pénales commises par le propriétaire comme par exemple : la violation de domicile, l'effraction, les menaces, l'encombrement de la voie publique ou autres.Ces procédures qui relèvent bien des compétences et du rôle de la police locale, sont élémentaires pour pouvoir aboutir à des sanctions et éviter l'installation d'un sentiment d'impunité. Il faut souligner que peu de locataires entament des poursuites judiciaires contre les propriétaires hors la loi par manque de moyens et par découragement.Au minimum, ces policiers ne devaient-ils pas réorienter la victime de l'expulsion vers les services d'aide sociale ? Ici, se pose la question de la formation des agents de police à ce type d'intervention et de leur information sur les services sociaux existants.Cet incident démontre aussi toute l'importance de l'aspect prévention.Nous pourrions citer encore d'autres exemples tels que ce citoyen qui a été radié de son domicile parce qu'il a été absent deux fois lors du passage de l'agent de quartier.Il faudra encore combien d'expulsion et de familles à la rue pour que le pouvoir local prenne conscience de toute la dimension de la crise du logement qui nous frappe et applique rapidement des mesures drastiques à l'encontre des marchands de sommeil qui prolifèrent alors qu'une partie de la population s'enlise dans la précarité.La société wallonne du logement est dépassée par la demande de logements sociaux estimée à plus de 40.000 avec une liste d'attente de 5 ans et certains bâtiments sont dans un état lamentable nécessitant des rénovations lourdes. Le prix du loyer a flambé alors que le pouvoir d'achat d'une grande partie de nos citoyens s'affaisse. Le centre ville a besoin d'être réanimé et notamment par la restauration des étages vides et délabrés. Les associations engagées dans la problématique du logement s'essoufflent à tenter de trouver des solutions et doivent être soutenues, renforcées ainsi que les services d'urgence sociale qui arrivent à saturation.Trop de personnes et de familles vivotent entre maison de transit et maison d'accueil en attendant un logement décent.Il est plus qu'urgent d'actionner et d'activer une véritable politique du logement d'envergure en partenariat avec tous les secteurs privés et publics impliqués dans ce domaine pour principalement impulser et favoriser une offre de logement locatifs de qualité à prix abordable, dans une optique de mixité sociale et renforcer la politique communale contre la l'insalubrité et les marchands de sommeil.Bien sûr, des dispositifs sont mis en place et des choses sont faites, mais cela bouge trop lentement et les moyens semblent insuffisants face à l'ampleur de la tâche.En décembre 2005, le Ministre DUPONT nous annonçait que Charleroi allait bénéficier d'un budget de 6.470.000 euros étalé sur 3 ans pour réaliser son contrat logement, application concrète du " plan logement de la politique des grandes villes " initié par le gouvernement fédéral afin de soutenir au sein des villes et communes, la mise en œuvre de projets originaux destinés à stimuler l'accès au logement de qualité pour tous. A Charleroi, il a été décidé de concentrer ces moyens principalement sur la porte Ouest.Dans le cadre des travaux de réhabilitation des bâtiments de la Porte Ouest, y a-t-il un plan de relogement prévu pour les habitants de ces immeubles et des garnis ?Quel sera l'impact et la visibilité de ce programme pour les citoyens ? Quelles en seront les priorités ?Le plan triennal d'action pour le logement 2004-2007 va se clôturer, peut-on considérer que les objectifs visés ont été atteints ?Qu'en est-il de la loi ONKELINX sur la réquisition d'immeubles abandonnés ou inoccupés ?Dans sa réponse, le Bourgmestre de Charleroi s'est principalement attaché à défendre les policiers mis en question….Underworld-2

11:02 Écrit par Lal dans pauvreté | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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